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L’urgence écologique : sortir du capitalisme

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Le Sommet mondial sur le climat (Cop21) n’aboutira à rien. Les grands décideurs politiques et économiques qui s’y rencontreront ne peuvent vouloir, à la fois, réduire les émissions de gaz à effet de serre, et « relancer la croissance », leur idée fixe. Pour stopper le réchauffement climatique, il faudra effectivement changer de système. Et donc poser la question qui fâche : la propriété des moyens de production et d’échange.

A l’occasion de la 21e Conférence des Nations Unies sur le climat qui se tiendra dans quelques mois, et
qui est censée relancer l’effort international contre l’effet de serre et le réchauffement climatique, gouvernements
et capitalistes déploient toute leur énergie à prouver que le système – politique, économique –
est capable d’une réforme à la hauteur de l’enjeu : se limiter à un réchauffement de l’atmosphère de 2°C,
et ainsi éviter les conséquences les plus dramatiques d’un changement de climat.

Mais pour une partie de la population (et même des ONG qui participent de l’intérieur) les mensonges qu’ils
se font à eux-mêmes ne prennent pas. Négociations, fausses solutions, mesures incitatives, tout ce qui
veut rester compatible avec le capitalisme ne peut que sonner faux, puisque le capitalisme est l’origine de
la crise écologique, comme il est à l’origine des écarts croissants de richesse entre les classes sociales.

Manifestation interdite le 29 ?
Nous y serons quand même


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Des négociations qui ne changeront rien

Les analyses du brouillon du
futur accord de Paris montrent sa
faiblesse par rapport aux recommandations
des scientifiques en
matière de baisse des émissions.

Sur les deux engagements phares
qu’il faudrait prendre, le texte ne dit
rien : laisser 80 % du pétrole restant
dans le sol ; limiter les émissions de
gaz à effet de serre (GES) à 44 gigatonnes dès 2025 (soit
la moitié des émissions actuelles),
35 en 2050.

Et les derniers raouts
politiques qui préfigurent la conférence
– G7 de juin 2015, sommet
Climat et territoires de juillet –
confirment que, sur ce sujet comme
sur d’autres, il y a peu à attendre. le
fonds international pour l’adaptation
climatique et les victimes ne
contient qu’un dixième des 100 milliards
de dollars promis par les
états.

Raffinerie de sucre en Floride, 2013.
CC Kim Seng

Enfin (mais ce n’est pas une
nouveauté puisque c’est dans le
code génétique des négociations
depuis le protocole de Kyoto) les
accords consistent surtout à promouvoir
des solutions profitables
au capitalisme financiarisé :

  • la poursuite des marchés carbone (autorisant de fait les entreprises à polluer si elles « compensent » par des projets écologiques souvent douteux)
  • les fausses solutions consistant à « valoriser » des écosystèmes en prétendant les protéger (forêts et océans deviennent alors des puits à carbone dont on peut évaluer la valeur, puis sur lesquels on peut spéculer)
  • ou encore la promotion d’« énergies renouvelables » qui ne le sont
    qu’en apparence (biocarburant, biomasse etc…)

Mobiliser la société, organiser la résistance

La population qui se mobilise a
donc bien raison de n’accorder
aucune confiance aux négociations
de décembre. Mais les revendications,
de même que les solutions
proposées par les divers mouvements,
ne se fondent pas forcément
sur un véritable consensus
politique.

Avec le climat et les GES
comme angle d’attaque, une grosse
partie des campagnes citoyennes
portent logiquement sur le désinvestissement
voire l’abandon des
combustibles fossiles (appels issus
d’ONG tels l’« épreuve des peuples
pour le climat » ou celui plus récent
contre « le crime climatique »), ainsi
que sur la nécessaire relocalisation
de l’économie et de la production,
et bien sûr les transformations politiques
qui conditionnent ces réajustements.

Mais ce ne sont pas seulement la mondialisation des
échanges, ni la concurrence effrénée
entre les puissances qui génèrent
la crise climatique et plus
généralement la crise écologique.

Quant à l’impuissance des États,
elle n’est pas seulement due à un
déficit de souveraineté sur les multinationales.

Pour nous, c’est le
dogme central de la croissance obligatoire
qui, mécaniquement,
impose à toute activité économique
de compresser les coûts, le coût
des hommes et celui des ressources
naturelles. Changer le système
ne signifie donc pas seulement
« démondialiser », ni réguler le
marché, fût-ce de manière volontariste.
Changer le système implique
de réellement reprendre le pouvoir
de décision, y compris sur les
conséquences, et pour cela c’est la
propriété des moyens de production
qu’il faut reconquérir.

Politiser le débat sans céder aux sirènes du souverainisme

Certains pensent y arriver en se
réappropriant des savoir-faire
(depuis la production agricole
jusqu’à celle de l’énergie), en
construisant des économies alternatives
à échelle humaine et fondées
sur des principes de partage
(monnaies locales, amap,
fablab...).

Si ces efforts sont significatifs
et nourrissent le lien entre
dimension sociale et écologique,
et s’ils mènent avantageusement
une nécessaire bataille culturelle,
nous doutons de l’efficacité « de
masse » de cette propagation des
idées par le fait.

Tant parce que les
acteurs capitalistes lorgnent sur
l’économie sociale et solidaire
(pour s’y convertir parfois, ou pour
en faire une soupape de sécurité),
que parce que ces initiatives restent
parfois restreintes à certaines
classes sociales, sans être utile à
la grande masse.

Ces efforts sont
donc insuffisants contre la source
de la crise écologique : le capitalisme.
et tant que la survie de la
majorité d’entre-nous, et des travailleurs
du monde dépend de ce
même système, réunir les conditions
pour que ça change signifie
récupérer la propriété collective
d’un certains nombre de choses.

Nous pensons qu’il faut lutter
d’arrache-pied pour une écologie
radicale ET sociale, loin des solutions
de « greenwashing » rabâchées
par les gouvernements, les
entreprises et les médias :

  • la biomasse à grande échelle
    n’est pas une solution écologique
    car elle impose une industrialisation
    de l’agriculture
  • les agrocarburants ne remplaceront
    pas le pétrole car ils sont
    produits avec des pesticides, et les
    pesticides sont produits avec du
    pétrole
  • la géothermie profonde met en
    péril la solidité des sols et utilise
    les mêmes techniques que l’extraction
    des gaz de schiste
  • le nucléaire n’est pas une énergie
    propre : extraction de l’uranium,
    retraitement et stockage des
    déchets, accidents…
  • une voiture hybride n’est pas écologique,
    car elle est très polluante à
    produire et difficile à recycler.

Toutes ces fausses solutions
ont en commun de servir les intérêts
des grands groupes industriels.

Face à l’hypocrisie de gouvernements
soumis aux intérêts économiques
et face aux mensonges de
ceux qui s’engraissent en détruisant
la planète, les projets alternatifs
ne peuvent être qu’une partie
de la solution.

On ne changera pas les choses
sans affronter directement le
mode de production capitaliste et
sans proposer un projet de transformation
sociale en rupture avec
le système actuel. Nous militons
pour une société communiste
libertaire, débarrassée des intérêts
privés dévastateurs et reposant
sur la mise en commun et la
gestion collective des moyens de
production. L’urgence écologique,
c’est la sortie du capitalisme.


Consultez le dossier Écologie sur le site d’Alternative libertaire.


 
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