LGBT : Pour repolitiser les Marches des fiertés

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Les marches des fiertés, organisées au cours des mois de mai et juin dans de nombreuses villes, sont autant d’occasions festives et politiques pour établir des bilans sur l’état des oppressions vécues par les personnes LGBT (Lesbiennes, Gay, Bi, Trans) et pour porter des revendications et faire bouger les rapports de force.

Les personnes LGBT subissent en France des discriminations matérielles  : difficultés pour obtenir un emploi ou un logement, exclusion de certains cercles sociaux, violences. L’association SOS Homophobie publie chaque année un rapport sur les actes homophobes déclarés en France. En 2017, et pour la deuxième année consécutive, ils sont en hausse  ! Preuve que l’homophobie ne recule pas dans notre pays.

Les migrantes et migrants LGBT en danger

Soixante quatorze pays dans le monde pénalisent l’homosexualité et/ou la transidentité. Dans certains pays, c’est même puni de la peine de mort. Les migrant.es issu.es de ces pays qui arrivent en France et ont besoin d’acquérir le statut de réfugié.es sont malmené.es par l’administration française. Les récits des persécutions vécues sont extrêmement douloureux, mais toujours remis en doute par les autorités. Ça a été le cas pour notre camarade guinéen Moussa. Il a quitté son pays après avoir vu son compagnon être brûlé vif. Pourtant, les autorités françaises ont voulu le renvoyer  ! Ce n’est que grâce à la mobilisation des réseaux militants que Moussa a pu rester pour le moment, mais il s’apprête à présent à être jugé. Il est insupportable que les migrantes et les migrants LGBT, qui subissent comme les autres migrant.es brimades et violences en France, ne puissent pas être accueilli.es. Les renvoyer, c’est leur promettre la mort. Il faut les accueillir toutes et tous, comme les autres personnes migrantes.

Evidemment, comme cette homophobie n’est plus invisible, le gouvernement et les réactionnaires doivent faire porter le chapeau à d’autres qu’eux. L’année où les actes homophobes ont été les plus élevés est 2013, quand la Manif pour Tous était à son apogée. Et pourtant, ceux qui sont montrés du doigt, ce sont… les migrants  ! Ludovic Pajot, député FN, s’est fendu d’un communiqué en ce sens intitulé «  L’immigration massive est responsable de l’homophobie massive  ». C’est évidemment une gigantesque mascarade qui sert à la fois à ne pas prendre en compte l’homophobie française et à accuser les migrantes et migrants. Ce discours raciste doit être combattu.

PMA pour toutes

Pour résister aux attaques réactionnaires, il ne s’agit pas seulement de se défendre, il faut porter des revendications offensives. L’ouverture du droit à la PMA (procréation médicalement assistée) pour toutes est un enjeu majeur. Aujourd’hui, la PMA ne peut être réalisée en France que pour un couple hétérosexuel. L’ouvrir aux couples lesbiens et aux femmes seules, c’est accepter que l’on peut fonder une famille sans la participation d’un homme. Evidemment, les conservateurs seront vent debout contre cette mesure qui fait partie du programme de Macron. La lutte sera acharnée, et il ne faut pas beaucoup attendre de ce gouvernement qui veut ménager les réacs !

Pendant ce temps, l’Inter-LGBT choisit comme thème pour la Marche parisienne  : «  Les discriminations au tapis, dans le sport comme dans nos vies  !  ». Si les discriminations dans le sport sont évidemment à prendre en compte, on aurait pu s’attendre à ce que des sujets plus brûlants soient évoqués.

La lutte pour la PMA et pour les droits des personnes LGBT est une lutte politique. Elle se fera dans la rue. Il faut être à l’offensive !

Adèle (AL Montreuil)

 
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