La Poste : Mobilisation encourageante

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La grève nationale n’a pas été très suivie à La Poste. Pas que de mauvaises raisons à cela : la dynamique des luttes locales est assez forte depuis plusieurs mois et a pu surclasser la dynamique nationale interprofessionnelle.

Alors que les cheminotes et cheminots, traminots et gaziers se mobilisaient dans la grève et dans la rue, les postiers restaient plutôt à la traîne. À La Poste, une moyenne de 15 % de grévistes avec des pointes à 21 % dans les centres de tri (plutôt une bonne surprise après un an de lutte spécifique sur les centres de tri) et de 20 % dans les centres financiers. Leur absence a été remarquée dans les cortèges des manifestations (même les RG ont fait la remarque, c’est dire…) où le nombre de postières et de postiers était loin d’être à la hauteur des enjeux.

Plusieurs explications à ce manque de mobilisation. Premièrement, la période des élections professionnelles, qui ont eu lieu le 23 octobre, n’était pas des plus propices à la grève (sauf si celle-ci est menée sur des points catégoriels), ce qui a amené les syndicats à ne pas faire un boulot des plus énormes.

Conditions défavorables

Nationalement, seuls SUD et la CGT appelaient à la grève, FO laissant aux équipes locales le soin de décider. Sur le terrain, seules les sections ou les départements oppositionnels à la CGT fédérale ont vraiment fait le boulot. Les SUD semblaient le nez dans le guidon des restructurations et ont mené le travail de mobilisation parallèlement. FO s’est contentée d’accrocher son wagon. Pas vraiment les meilleures conditions pour réussir une grève. D’autant plus que le personnel a plus les yeux rivés en ce moment sur les restructurations tous azimuts, et ce quels que soient les services. Les seuls sujets fédérateurs auraient pu être le pouvoir d’achat, les retraites venant au second plan pour les personnels – mais sûrement en tête chez les postières et les postiers bénéficiant du statut de fonctionnaire, une partie d’entre eux ayant encore le bénéfice du départ à 55 ans.

Cela n’explique pas tout, car le climat ambiant est assez morose dans les services, même si l’on sent qu’une allumette pourrait mettre le feu aux poudres.

Pour l’instant la cristallisation n’a pas encore eu lieu. En 1995, l’ambiance était à peu près la même et il n’y avait pourtant pas eu de difficulté à suivre le mouvement, ce qui permet de ne pas désespérer, bien que les conditions soient loin d’être identiques.

Les restructurations présentes et à venir cristalliseront peut-être le mécontentement des postières et des postiers qui ont pour l’instant regardé passer le train des grévistes et des manifestants.

Hugo (AL Orléans)

 
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