La contestation ne s’arrête pas là !

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La loi sur les retraites est maintenant promulguée, les directions des syndicats négociateurs battent le rappel, ne faisant pas même de cette journée du 23 novembre une véritable journée de grèves et de manifestations, mais une journée d’ « actions multiformes » peu mobilisatrice. Du côté des bureaucraties syndicales, l’heure est à l’enterrement, pas même au baroud d’honneur... Nous ne pouvons pas, cependant, nous mentir à nous-mêmes : nous ne pourrons pas gagner tout de suite sur les retraites mais nous devons tirer un bilan de la mobilisation et surtout tracer des perspectives pour les mois à venir. Une chose est sûre : cette bataille n’aura pas été inutile et nous devons nous appuyer dessus pour la suite.

Si l’espoir d’un retrait du projet de loi n’a pas été satisfait, ce n’est pas faute d’une mobilisation suffisante. En d’autres temps, nous avons pu faire retirer des projets de loi avec bien moins que ça... Mais le gouvernement que nous avons aujourd’hui en face de nous est un gouvernement qui n’hésite plus à piétiner la volonté populaire. Du côté des directions syndicales, la volonté d’en découdre a manqué et les mots d’ordre nationaux n’ont pas été à la hauteur : la CFDT, par exemple, prévenait déjà qu’elle se retirerait alors que le mouvement était au plus fort.

Continuer la lutte sous d’autres formes

Bien des équipes syndicales au contraire, peuvent sortir la tête haute du mouvement des retraites, tout en poursuivant la lutte sous d’autres formes. En effet, nous avons gagné sur le plan idéologique, la majorité de la population étant désormais convaincue que cette loi est une réforme au service des riches et du patronat. De plus, le mécontentement des travailleurs et des travailleuses ne s’est jamais limité à la question des retraites. Le ras-le-bol est beaucoup plus général et il peut encore trouver à s’exprimer sur d’autres sujets. Pour donner des suites au mouvement, il faut maintenant renforcer les structures syndicales combatives, afin de s’en servir pour déclencher des luttes locales. La construction de mouvements plus locaux est nécessaire et semble la meilleure chose à faire pour maintenir un climat social combatif, afin de créer les conditions pour un nouvel affrontement d’ensemble avec le gouvernement et le patronat. Un tel mouvement pourrait arriver plus vite qu’on ne le pense. De plus, la démonstration de force des salarié-e-s lors du mouvement peut rendre le climat propice à imposer nos revendications. C’est ce que les étudiant-e-s et salarié-e-s de l’Ecole Normale Supérieure de Paris ont bien compris en impulsant, au moment de la décrue de la mobilisation sur les retraites, un mouvement pour la titularisation des salarié-e-s précaires de l’établissement.

Renforçons les structures de lutte

Cela doit évidemment s’accompagner du renforcement des liens interprofessionnels et intersyndicaux qui ont pu voir le jour pendant la lutte et qu’il faut maintenir pour la suite. Ces liens peuvent être de précieux soutiens dans le cas de luttes locales, en favorisant l’organisation de la solidarité. On doit également les préserver dans l’optique d’un mouvement d’ensemble car un front commun des syndicalistes, notamment des syndicalistes de lutte, sur le terrain, peut servir de socle à la mobilisation. La construction d’intersyndicales locales et d’unions locales interprofessionnelles, de convergences entre militant-e-s anticapitalistes est donc plus que jamais à l’ordre du jour.

En résumé, ce n’est pas parce que nous n’avons pas été entendus qu’il faut se taire, bien au contraire. Mais ce n’est pas par les institutions que l’on gagnera : l’heure n’est donc pas à se rabattre sur un « référendum » pour gagner sur les retraites, et il ne faut pas non plus se croiser les bras et miser sur une hypothétique victoire du PS en 2012. Il faut en revanche continuer de lutter et critiquer radicalement la société capitaliste dans laquelle nous vivons. Plus que jamais, ce mouvement a prouvé que le pouvoir politique était aux bottes des capitalistes pour imposer à ceux et celles qui travaillent des décisions qui remettent de plus en plus profondément en cause leur droit à vivre dignement. C’est nous qui travaillons, c’est nous qui produisons les richesses, c’est donc à nous et à nous seul-e-s de décider ce que nous voulons en faire. Il est temps de renforcer les structures de lutte contrôlées à la base par les travailleurs et les travailleuses pour inverser le rapport de forces actuel et porter le projet d’une autre société.

Tract 20-11-10
 
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