Lire : Boulouque, « Les Anarchistes français face aux guerres coloniales »

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Les guerres d’Indochine et d’Algérie ont obligé toute la gauche française à se positionner, pas toujours de façon glorieuse.

Tandis que la SFIO choisissait invariablement le camp du colonialisme, le PCF anticolonialiste en Indochine faisait l’autruche durant la majeure partie de la guerre d’Algérie. Sylvain Boulouque analyse dans son livre 1 la diversité des positionnements des anarchistes français : « Anticolonialistes depuis les origines, rétifs à l’idée nationale et refusant les constructions étatiques par définition, les libertaires se retrouvent devant la quasi-obligation de choisir entre la politique coloniale de la métropole et les idéologies que proposent les mouvements de libération nationale. »

Les communistes libertaires optèrent pour la voie du « soutien critique » aux mouvements de libération nationale, voyant dans la lutte des peuples colonisés une potentialité de transformation socialiste. Les anarchistes « humanistes », déconnectés des mouvements indépendantistes, furent plus louvoyants, ne parvenant à faire le consensus que sur l’opposition à la guerre, sur la base d’un pacifisme de principe, mais en refusant la plupart du temps de se prononcer pour l’indépendance, à l’instar du PCF.

Dans sa « typologie » des positionnements anarchistes, Sylvain Boulouque omet toutefois de citer le « olonialisme éclairé » (une colonisation à visage humain, pointé par Courant alternatif hors-série n°6 de 2001) dans les années 1950, apparu un temps dans les colonnes du Monde libertaire, sous la plume de Charles-Auguste Bontemps.

G.D.


  • Sylvain Boulouque, Les Anarchistes français face aux guerres coloniales (1945-1962), Atelier de création libertaire, 2003, 11,5 euros.
 
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