Lire : Frederick Douglass, « Mémoires d’un esclave »

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En Amérique, au XVIIe siècle, l’essor des cultures du tabac, sucre et coton entraîne des problèmes de main-d’œuvre. La solution choisie sera d’importer par la force des Africaines et des Africains. C’est dans ce contexte que naît en 1818 Frederick A. W. Bailey, fils d’une esclave noire et d’un blanc, probablement son maître. Issu de la plus totale servitude, cet enfant deviendra sous le nom de Frederick Douglass, écrivain, philosophe, ambassadeur, politicien, abolitionniste, promoteur des droits des femmes. Dans son autobiographie, parue pour la première fois en 1845, il raconte avec sobriété les atrocités de l’esclavage ordinaire dans l’État du Maryland. À vingt ans, le jeune homme s’évade et se réfugie à New York où il n’en est pas quitte avec l’esclavage. Bien que progressivement disparu du Nord, un compromis signé en 1787 avec les États du Sud, stipule que les nègres en fuite devront être rendus à leurs propriétaires. Seul son rachat, par des amis anglais, lui permettra de vivre et de lutter publiquement dans son pays.

Ce témoignage exceptionnel n’offre pas la consolation de se lire comme le récit d’horreurs passées et abolies. Son portrait d’une Amérique exerçant un pouvoir destructeur sur des plus faibles, dissimulant sous la bannière de la démocratie et des libertés de sordides intérêts matériels, confites dans une religion sans compassion ni pardon, nous rappelle trop les États-Unis d’aujourd’hui.

HF

  • Frederick Douglass, Mémoires d’un esclave. Traduit de l’anglais par Normand Baillargeon et Chantal Santerre, Montréal, Lux Éditeur, 2004, 174 pages.
 
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