Lire : Octavio Alberola, Arianne Gransac, « Anarchistes contre Franco 1961-1975 »

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De l’insurrection populaire et révolutionnaire de juillet 1936 à la Retirada de 1939 en passant par les sanglantes journées de mai 1937 à Barcelone, la Guerre d’Espagne a ses grandes dates. Mais le conflit s’arrête-t-il vraiment avec la défaite militaire de l’armée républicaine  ? Le puissant mouvement anarchiste espagnol a-t-il été défait définitivement ?

Il est maintenant acquis que les Espagnols de la Nueve ont participé à la libération de Paris. Ils sont la partie émergée de l’iceberg. En effet, c’est par milliers que les Espagnols réfugiés en France prirent le maquis, notamment dans les départements frontaliers. Mais passée l’effervescence de la libération et la tentative aventuriste et meurtrière d’invasion de l’Espagne par le Val d’Aran, les perspectives de renverser Franco s’éloignent au fur et à mesure qu’il apparaît évident que les Alliés n’ont aucune intention de destituer celui qui se pose en rempart au communisme qui progresse dans toute l’Europe.

C’est alors le temps des héroïques mais vaines épopées qui coûtèrent la vie à plusieurs dizaines de jeunes Espagnols dont le plus célèbre fut Sabaté.

Pendant ce temps, les organisations anarchistes se reconstruisaient dans l’exil, non sans difficultés. Divisé en deux branches, la CNT se réunifiait et profitait du congrès de 1961 pour créer le DI (Defensa Interior), un organisme clandestin dont les membres sont chargés de coordonner la lutte armée contre le régime franquiste.

Octavio Alberola est l’un d’eux. Dans ce livre co-signé avec Arianne Gransac, il raconte les querelles internes, les difficultés et les quelques réussites du groupe qui s’inscrit dans une époque en mouvement. Bientôt, l’explosion de Mai 68 va faire émerger de toutes parts des groupes de jeunes Européens prêts à s’engager les armes à la main pour une cause.

Dans ce témoignage riche, méticuleux (parfois un peu trop), les auteurs nous livrent leur vision d’une histoire encore peu connue. Bien que bénéficiant d’une nouvelle introduction et d’un chapitre sur la transition entre 1975 et les années 2000, ce livre, écrit en 1975 n’est donc pas une analyse à froid de la période mais doit plutôt s’aborder comme ce qu’il est  : un document livré par des acteurs de la période et qu’il faut donc traiter comme tout document historique.

Arthur (AL Paris Sud)

  • Octavio Alberola, Arianne Gransac, Anarchistes contre Franco, Action révolutionnaire internationale 1961-1975, Editions Albache, 2014, 284 pages, 20 euros.
 
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