Livre : Emile Pouget, « Le Sabotage »

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Véritable classique de la littérature anarcho-syndicaliste du début du XIXe siècle, cette brochure qui a connu de multiples éditions est parue vers 1911-1912.

Son auteur, Emile Pouget (1860-1931) avait été l’animateur d’un brûlot anarchiste, Le Père peinard, au ton et à la verve inimitables, avant de s’investir dans le mouvement syndicaliste révolutionnaire qui prônait l’abolition du salariat par la grève générale.

Aujourd’hui, sa réédition dans une collection touchant un large public - et, paradoxalement, propriété d’une major de l’édition, appartenant à l’un des plus grands groupes capitalistes de l’Hexagone [1] - vient à son heure rappeler quelques banalités de base. L’on n’a pourtant plus guère l’occasion de les entendre, y compris dans un mouvement syndical très largement rallié à « l’accompagnement » des salariés face aux permanentes « restructurations » des entreprises, maintenant qu’il n’a plus assez de grain à moudre pour amuser la galerie et acheter la paix sociale. La première d’entre elles est l’opposition irréductible du capital et du travail, ce dernier étant une marchandise qu’il s’agit de faire payer le plus cher possible aux patrons. « Saboter », c’est donc enrayer la machine de production par une multitude de moyens ; c’est aussi un réflexe ouvrier spontané d’autodéfense, et non la lubie d’un théoricien en chambre de la lutte des classes.

Après avoir rappelé les jalons historiques qui ont vu l’apparition du sabotage dans la pratique des ouvriers anglais, puis européens, et énuméré les procédés existants utilisés pour le mettre en œuvre, Emile Pouget souligne que le sabotage ouvrier vise avant tout à frapper le patronat à la caisse, le seul langage qu’il ait jamais compris. Le sabotage patronal, lui, « s’attaque à la vie humaine, ruine la santé, peuple les hôpitaux et les cimetières ». L’un vise à l’émancipation humaine, l’autre à l’extension universelle et mortifère de la marchandise...

Nous savons désormais ce qui nous reste à faire !

EH

- Émile Pouget, Le Sabotage], Mille et une nuits, 2004, 112 p.

[1] On peut aussi lire ce texte en ligne sur de nombreux sites Internet, par exemple sur raforum.

 
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