Loi Bachelot : Les Yvelines aux avant-postes

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Le 8 février 2011, l’ancien ministre de la Santé, Claude Evin, fut invité à constater in situ les dégâts de sa politique à l’hôpital de Poissy. Difficile d’attaquer la loi Bachelot face aux potentats locaux de la droite.

Naïvement, le 8 février 2011, les syndicalistes de l’hôpital de Poissy. pensaient sensibiliser le président de l’Autorité régionale Ile-de-france , Claude Evin, chantre de la lutte contre le tabagisme passif à une époque révolue où il défendait encore la santé publique. Mais aujourd’hui, ce carriériste fer de lance de la loi Hôpital-Patient-Santé-territoire (HPST) sacfrifie l’Hôpital public. On voulut lui mettre le nez dedans : un étroit couloir des Urgences, encombrées, où s’entassent les malades allongés parmi le va-et-vient incessant d’infirmières et médecins. La dégradation des conditions de travail devenue insupportable, il déclara qu’il ne savait pas, mais en se réjouissant peut être intérieurement de ce résultat bien palpable, fruit pourri de sa politique de rigueur, d’austérité, de refonte (dé)structurelle de l’Hôpital.

Tout comme la politique de destruction du personnel orchestrée par Didier Lombard était délibérée au sein de France Telecom , celle de Claude Evin appliquée à l’Hôpital l’est aussi. Fondée sur une régression des conditions de travail telle que le corps médical part de lui-même, usé. Un hôpital vidé de son personnel est de toute évidence plus facile à démanteler. La Loi Bachelot, sous couvert d’économie de fonctionnement cherche à tuer l’Hôpital, le personnel et son statut font partie des dégâts collatéraux...

A Mantes-la-Jolie, Braye, le sénateur UMP a défendu bec et ongles la loi HPST au Sénat. Et en totale contradiction avec ses convictions, il a soutenu dans sa circonscription le collectif de défense de la cardiologie interventionnelle de l’Hôpital, électoralement très porteur. Ce service de soins de proximité et son matériel flambant neuf, d’abord financé à la hauteur de 1,2 millions d’euros début 2010, est sacrifié en dépit du bon sens en octobre de la même année, pour favoriser les intérêts d’une clinique privée éloignée de 27 km. Cette même clinique est dirigée par un conseiller municipal de Mantes-la-Jolie !

L’UMP se contredit

Quant au collectif, il affiche un apolitisme de façade, pour ne froisser ni les potentats locaux ni la droite, ce qui détourne irrémédiablement les revendications de la véritable cause de la fermeture : la loi Bachelot. Parce que la lutte ne peut pas se limiter à la seule défense du pré-carré, elle doit être collective, réunissant usagers, personnels des hôpitaux et organisations politiques, syndicales et associatives. Elle doit surtout avoir pour objectif l’abrogation de toutes les lois successives détruisant les services publics de santé depuis l’ère Mitterrand.

L’attaque libérale contre l’Hôpital est à l’échelle nationale, et une coordination des collectifs de défense des Hôpitaux et des maternités de proximité s’organise et a réussi la gageure de réunir 107 organisations pour appeler dernièrement à la manifestation nationale devant toutes les Agences régionales de la santé le 2 avril 2011.

Pour l’Hôpital, la lutte ne fait malheureusement que commencer. Alors, faites du bruit !

Freddy (Sud 78)

 
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