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Manifestations : Rester unis face à la répression

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La manifestation du 29 novembre, violemment réprimée par la police, a laissé des interrogations quant à notre organisation dans ces événements, qui tendent à se répéter à mesure que le gouvernement multiplie les interdictions de manifester. Retour sur notre conception de l’autodéfense et les questions qu’elle laisse en suspens à la lumière de la manifestation anti-COP21.

Alors que le gouvernement profitait des attentats tragiques du 13 novembre pour mettre en place l’état d’urgence et sa batterie de mesures autoritaires, Alternative libertaire décidait de désobéir à l’interdiction de manifester contre la COP21. En arrivant le jour dit sur la place de la République avec nos partenaires libertaires, nous retrou­vions divers collectifs de lutte et à chaque coin de rue les forces antiémeutes.

La violence commence là : par la privation abusive de notre droit de manifester et par la mise en place d’un important dispositif répressif. Malgré tout, nous avons tenté de structurer un cortège, puis nous avons entamé un tour de la place que nous avons renouvelé avec plusieurs milliers de manifestants et manifestantes. À toutes les sorties, les CRS ont installé leurs barrages. La place est devenue une immense souricière.

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le 29 novembre, pour le lancement de la COP21, le ministère annonçait le déploiement de 6.300 policiers et gendarmes à Paris. une partie d’entre eux ont été employé a noyé sous les gaz lacrymogènes et les coups de matraques les manifestant.e.s qui ont bravé l’interdiction de se rassembler.
cc Benjamin/AL Paris-Sud

Rester et faire bloc

Il aurait fallu en sortir collectivement et poursuivre la manifestation à travers les rues de Paris. Nous ne nous sentions ni le nombre ni l’organisation nécessaires pour cela ; mais d’autres ont tenté de se frotter aux barrages policiers. Nous ­n’étions pas là dans une mise en spectacle de l’émeute, un simulacre de violence populaire – comme nous avons pu le connaître à divers occasions, la dernière datant de la manifestation antifasciste de Lyon un an plus tôt. Nous avons donc décidé de rester et de faire bloc dans la mesure de nos moyens. De nombreux camarades d’Alternative libertaire ont ensuite été arrêtés. Notre impuissance à manifester vraiment et à nous protéger de la répression policière pose la question d’une adaptation nécessaire de l’apparition d’AL dans la rue. Avant de l’envisager, revenons sur ce qui existe déjà.

Depuis des années, AL développe son concept de « sérénité organisée », alternative – du moins dans les termes – au service d’ordre classique. Jusqu’à présent, nous estimions qu’une formation minimale destinée à toutes et tous suffisait à assurer la sécurité de nos cortèges et de nos réunions publiques. Lors de chaque apparition d’AL, des camarades sont mandatés pour coordonner la SO, mais il n’existe pas de groupe de spécialistes.

Si lors des manifestations en hommage à Rémi Fraisse, ou lors de celles en soutien au peuple palestinien le pouvoir avait clairement montré sa volonté de barrer la rue au mouvement social, avec la mise en place de l’Etat d’urgence il est maintenant évident qu’appeler à y descendre implique de nouvelles responsabilités.

Il nous appartient donc de réfléchir à nous organiser en conséquence ; mais quelles que soient les mesures que nous prendrons, elles seront dérisoires sans changement d’échelle pour Alternative libertaire, ni renforcement de nos liens avec l’ensemble de nos partenaires.

Émile (AL Paris-Sud)

 
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