Marseille : Des quartiers qui se rebiffent

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Le CRAP est né en septembre 2009 sous l’impulsion de militants associatifs et politiques pour s’inviter et s’imposer en tant que représentants de la société française dans les débats confisqués par les politicards traditionnels. Tremblez bourgeois … les quartiers veulent leur part du gâteau et même les restes. Nous nous serrons la ceinture depuis trop longtemps.

Le CRAP (Collectif de réflexion et d’action populaire) est un collectif regroupant des habitants, des associations culturelles, sportives, communautaires, d’éducation populaire, des médias alternatifs, des travailleurs sociaux, des syndicats, des partis politiques... qui vivent, travaillent, militent dans les quartiers populaires. Il se veut représentatif des territoires nord de Marseille et de ses environs. Ses forces se trouvent principalement dans le XIIIe, XIVe et XVe, débordant sur les IIIe et Ier. Et comme on le dit souvent Marseille : c’est le tiers monde, donc je ne vais pas vous énumérer tous les arrondissements populaires de la ville.

Pourquoi le CRAP ?

La réponse est facile, pas besoin de se torturer le cerveau pendant deux heures. Les quartiers dits populaires ont toujours été la cible des plans sociaux (rénovations urbaines, ZUS, ZEP…) à la con et des offres clientélistes d’un État soucieux de conserver sa masse de réserve, voire de réservistes, à sa botte. Tout conspire à faciliter le travail. Des logements en forme de cage à poules. Du chômage à tout va. Du communautarisme. De l’ouvrier. Et un système éducatif souvent en panne judicieusement situé au même endroit. « L’ascenseur social est bloqué et il sent la pisse ». À croire que le sort s’acharne sur une population souvent « issue de l’immigration », pour reprendre des expressions gouvernementales nostalgiques de ses bonnes vieilles colonies.

Fort de ce constat, et pour la plupart le vivant, le CRAP est parti de cette base pour transporter le débat politique dans les quartiers. Ne vous méprenez pas malgré tout ce qui a été énoncé plus haut : loin d’être naïfs, les habitants savent ce qui se passe autour d’eux. Mais ils ont tellement étaient menés en bateau qu’ils ont préféré se noyer.

Créer des solutions collectives et combatives

Il est nécessaire, d’une part de mettre en commun les expériences de chacun, d’abord pour répertorier les nombreux problèmes dans les quartiers (emploi, discriminations, logements, inégalités, santé, éducation, transports...), ensuite pour trouver collectivement les moyens d’y remédier en élaborant un « plan d’urgence pour les quartiers populaires ». Pour précision, le CRAP est un collectif démocratique, libre, non subventionné…

Le CRAP entend aussi mettre en place une « chaine de solidarité » fondée sur la mobilisation populaire et capable de répondre efficacement aux violences policières, discriminations et expulsions locatives… En gros, répondre aux problèmes qui nous touchent mais de manière collective et combative. Eh oui, la lutte, toujours la lutte.

Bon, nous n’allons pas trop nous la raconter, le collectif est récent et ce type de travail spécifique est très long. Les militants du CRAP vivent dans des quartiers différents mais le réseau est important et laisse envisager un bel avenir dans la branche. L’équipe est sérieuse et motivée. L’envie fait le reste… Les méthodes sont différentes et l’évolution de chacun aussi. Certains optent plus pour le travail déjà fourni et conservent leurs bases, d’autres sont moins frileux et plus patients. Sachant qu’à Marseille la grande gueule est de rigueur, surtout dans le melting-pot du CRAP !

Bref, il est temps de se mobiliser, de s’unir et de rappeler que la politique est l’affaire des habitants eux-mêmes. Le CRAP y participe et va dans ce sens. Repolitisons nos territoires et notre classe.

Ghislain (Al Marseille)

 
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