Municipalités frontistes : Un an de malheur à Facholand

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La vie dans les communes tenues par le FN est dure, entre coupures de subventions des assos qui refusent de courber l’échine, répression accrue contre les jeunes et les pauvres et clientélisme généralisé. Mais syndicats et associations organisent la riposte.

La gestion des villes par le FN a clairement pour objectif de faire passer des idées antiprogressistes et de monter les personnes les unes contre les autres en mettant en avant la notion de mérite et la neutralité vis-à-vis de la politique en général. La politique se fait en actes plus diffus afin de prendre en compte des anciennes gestions municipales par le FN et leurs conséquences sur leur non-réélection.

La gestion du FN a une conséquence directe pour les jeunes et les enfants. Mais n’est pas propre au Front. En effet le PS comme la droite, c’est la fermeture d’associations de liens sociaux, de solidarité, d’insertion, des maisons des ados. Dans les gestions municipales du FN, ce sont les réductions des aides aux écoles, la restauration avec augmentation des tarifs, les interdictions aux enfants de chômeurs de manger à la cantine. Dans les quartiers de la ville, toute baisse de la mairie a pour conséquence les baisses des autres collectivités et de l’Etat.

Suppression des abonnements à des journaux et à l’achat de livres complètent cette relecture de l’éducation et de l’histoire. Le refus d’organiser les cérémonies du 19 mars 1962 ou de l’abolition de l’esclavage, la débaptisasions de rues au profit de noms liés à l’OAS font partie de leur idéologie.

Chasse à la solidarité

Une dépendance totale au service de la mairie est exigée des associations. Sinon, fermeture des subventions, retrait des locaux surtout si on est catalogué de gauche. Ainsi la LDH, la Ligue de l’enseignement ont parfois perdu la totalité de leurs aides. Vivre ensemble n’est pas à l’ordre du jour, priorité non officielle aux ressortissants européens « non roms », ainsi des clubs de foot, des ateliers d’alphabétisation, de théâtre mettent la clef sous le paillasson ou réduisent largement leur capacité.

Les pratiques économiques sont aussi largement orientées. Ainsi en tant que donneurs d’ordre, les mairies sollicitent de nombreuses entreprises liées à des membres du FN et des identitaires. La notion de mérite est largement utilisée, sous-entendant la soumission aux élus. La notion de peur est largement mise en avant, gare aux têtes qui réfléchissent. Le recrutement du personnel est fortement familial ou réseauté. Montrant là le vrai visage de sa politique des mains propres et de l’honnêteté. Dans cette chasse à la solidarité, aux liens collectifs voit les tentatives de supprimer les centres communaux d’action sociale (CCAS) dans leur ville. Mais des fonctions régaliennes les obligent à maintenir un minimum de fonctionnement.

Le terrain sécuritaire est celui qui leur a permis d’être élus. Chasse aux jeunes, aux SDF, aux Roms par une politique de policiers armés au nombre renforcé au services de classes sociales aisées. Voulant donner des gages à leur électorat, aucune de ces mesures ne résolvent les problèmes sociaux des habitants et habitantes. Face aux mairies FN, les syndicalistes tentent de s’organiser et d’analyser. Il y a des rassemblements auxquels des groupes AL ont participé. Il y a des manifs pour maintenir les commémorations que refuse le FN comme à Villers-Cotterêts pour l’abolition de l’esclavage.

Mais aucune des réponses ne prend en compte la misère sociale ni ne répond aux besoins primaires de tout individu (manger, dormir). Le FN renforce les difficultés pour les pauvres en disant que c’est la faute des autres. Alors, organiser une présence sur les marchés, faire des permanences de droits intersyndicales, organiser des causeries populaires interassociatives. Construire autrement et pas uniquement s’organiser pour des élections qui ne concernent pas les pauvres, les exclus, est nécessaire.

Noël (AL Noyon-Compiègne-Oise)

 
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