Notre-Dame-des-Landes

NDDL : grandes manœuvres autour de l’ex-ZAD

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À présent que le projet d’aéroport est enterré, un « comité de pilotage » se penche sur l’avenir de la zone et fait la part belle aux gens ayant collaboré avec AGO-Vinci. Les habitant.es et les défenseurs du bocage résistent.

L’Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport (Acipa) était une association historique du mouvement de lutte contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Elle a annoncé sa dissolution en juillet 2018. Un tel sabordage est regrettable et donne un mauvais signal à ceux et celles qui luttent, doublé d’un sentiment de gâchis. Même si l’Acipa a pu avoir des positions ambiguës lors des expulsions en avril, sa capacité logistique a beaucoup servi le mouvement.

Certain.es de ses membres ont souhaité relancer l’aventure, en créant cet été une nouvelle association nommée  : NDDL Poursuivre ensemble. Son objectif est d’aider à pérenniser les projets agricoles, forestiers ou artisanaux des habitant.es de la ZAD, notamment ceux qui ont donné lieu à un dépôt en préfecture de convention d’occupation précaires (Cop). Elle veut aussi soutenir les autres luttes contre les grands projets inutiles et imposés  ; préserver sur le long terme la biodiversité sur l’ensemble de la zone humide  ; et lutter contre l’extension des exploitations agricoles existantes.

Un comité de pilotage acquis au gouvernement

Après les opérations d’expulsion en avril et toutes les violences policières qui en ont découlé, 42 projets agricoles ont été déposés à la préfecture. Pour l’instant, seuls 15 projets ont signé une Cop, ce qui correspond à 170 hectares. Alternative libertaire soutient les projets agro-écologiques et innovants portés par les occupant.es actuelles, qui ont défendu chèrement les terres face au béton.

Les agriculteurs et agricultrices historiques, partie prenante de la lutte, occupent 370 hectares. Elles et eux, qui ont subi une précarité et des menaces d’expulsions pendant des années sont tout à fait légitimes pour poursuivre leurs activités.

Restent celles et ceux qui ont collaboré avec AGO–Vinci et l’État en vendant leurs terres, en en obtenant de nouvelles par des mesures compensatoires, tout en gardant l’usage des terres sur la ZAD et en conservant les aides européennes correspondantes. Une fois la lutte contre l’aéroport gagnée, ils ont le culot de demander à récupérer les terres qu’ils n’ont pas défendues. C’est ce qui s’appelle vouloir le beurre et l’argent du beurre !

Aucun courage, aucune réflexion environnementale, soumission totale à la logique du profit. Cette vison rétrograde de l’agriculture doit être combattue !

Le 12 octobre s’est réuni le comité de pilotage devant décider de l’avenir de la ZAD. Ce comité de pilotage est composé, outre la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) et la préfecture, de la chambre d’agriculture, des principaux syndicats agricoles (FNSEA, Coordination rurale, Confédération paysanne), de l’association des agriculteurs ayant lutté, de celle des agriculteurs ayant vendu leurs terres, de celle des forestiers privés et enfin d’élu.es des communes concernées et du Département. Les habitant.es de la ZAD et les associations de protection du bocage n’ont pas été invités.

Ce comité de pilotage semble acquis à la stratégie gouvernementale tournée vers l’agriculture productiviste. L’État se défausse en laissant le conseil général à la manœuvre. Aujourd’hui il n’acte aucune décision, aucune signature de baux et considère qu’il est urgent d’attendre. À l’heure où le gouvernement nous parle de transition agro-écologique et de lutte contre le réchauffement climatique, il ne fait rien pour préserver la biodiversité de la ZAD belle et rebelle.

Stef et Vincent (AL Nantes)

 
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