Nantes : Faire front face au FN et ses idées

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Le 25 février, une manifestation avait lieu à Nantes contre la tenue d’un meeting de Marine Le Pen au Zénith de la ville le lendemain. Retour sur l’événement.

C’était une manifestation attendue, appelée par un panel aussi large qu’inhabituel d’organisations politiques, syndicales et associatives. Le Collectif contre l’extrême droite et ses idées réunissait en effet la CGT, Solidaires, Visa (Vigilance et initiatives syndicales antifascistes), Ensemble !, les Jeunes communistes, le PCF et le NPA mais aussi Nuit debout et l’assemblée « À l’abordage » (mouvement animé surtout par des autonomes). Autant de composantes qui se sont croisées dans le mouvement contre la loi travail mais avec des modes d’actions parfois bien différents.

Les autonomes au rendez-vous, les flics aussi

Finalement, ce sont environ 3 000 personnes qui ont manifesté sous le soleil mais encadrées par un très gros dispositif policier. Un « black-block » bien organisé en queue de manif était composé de plusieurs centaines de personnes. Des affrontements ont eu lieu à l’arrière du cortège. La préfecture annonçait treize blessés coté policiers, une communication bien rodée pour justifier la répression des manifs et la politique de la peur déployée en amont pour dissuader les Nantais et Nantaises de se rendre aux manifestations. Les prises de parole, syndicales entre autres, ont fini noyées sous les lacrymos, empêchant toutes discussions. Un deuxième tour de manifestation a alors été lancé mais a dû se disperser rapidement sous la pression policière. La BAC est allée jusqu’à lancer quatorze grenades sur la foule lors d’une charge ! Le lendemain, une opération escargot censée bloquer l’accès au meeting était prévue, mais n’a finalement pas eu lieu – il faut dire que la dernière opération de ce genre pour NDDL avait donné lieu a la confiscation des véhicules et à des procès.

Le cortège Solidaires a sorti pour l’occasion une banderole de toute beauté !

La CGT a choisi de communiquer sa condamnation des provocations policières mais également celle de certains manifestants et manifestantes. Les autres composantes ont pour la plupart refusé de jouer le jeu médiatique de la division entre bons et mauvais manifestants et manifestantes.

Néanmoins, la question de la casse de matériels jugé symboliques (banques, agences immobilières...) posent comme toujours question. Comment sont-elles perçues par les gens que nous essayons de toucher au quotidien dans nos quartiers, nos entreprises ou nos écoles ? L’attaque à la peinture des bus du FN en provenance de Rennes pour le meeting nantais, qui a fait la une de l’actualité, pose les mêmes questions. Et il est indéniable que cette action passait difficilement dans les discussions avec les collègues de boulot ou l’entourage non militant. Les manifestations contre le FN vont probablement se multiplier dans les semaines à venir ainsi qu’entre les deux tours. S’il est important d’occuper la rue pour matérialiser l’opposition à l’extrême droite, il va falloir aussi s’interroger sur les perspectives politiques que les révolutionnaires doivent porter pour ne pas tomber dans les impasses du front républicain, du vote utile ou de la simple agitation de rue sans lendemain.

Benjamin (AL Nantes)

 
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