Nécrologie : Alain Crosnier

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Pendant presque quinze ans vous avez pu lire son nom sur chaque numéro du mensuel Alternative libertaire. Notre directeur de publication, Alain Crosnier, nous a quittés jeudi 16 juin. Nous reproduisons ici l’allocution lue par Clotilde, au nom d’Alternative libertaire, lors de son inhumation.

Notre camarade et ami Alain Crosnier nous a quittés dans sa cinquantième année, des suites d’une infection pulmonaire fulgurante : il était le directeur de publication d’Alternative libertaire.

Cette responsabilité lui ressemblait parce qu’Alain était un homme courageux, sur qui on pouvait compter, prêt à assumer les conséquences de ses actes, des ses idées, jusque devant les tribunaux. Cette responsabilité lui ressemblait, tant il aimait l’écrit, la lecture, les bouquins.

Révolutionnaire attaché à la réflexion, à l’argumentaire, il avait compris qu’ « un peuple qui ignore son histoire est condamné à la revivre indéfiniment » et c’est pour ça qu’il dévorait les livres d’histoire et plus spécialement de l’histoire du monde ouvrier, - ce n’est pas un hasard s’il était adhérent aux « Amis de la Commune » - mais aussi de l’histoire du mouvement libertaire, cherchant sans relâche, dans le présent comme dans le passé, comment construire cette société égalitaire solidaire et libertaire pour laquelle il s’est battu toute sa vie.

Déjà, à une vingtaine d’années, en 1970, il fonde, avec d’autres camarades le Groupe anarchiste de propagande et d’action révolutionnaire (GAPAR). Ensuite, le GAPAR rejoint Confrontation anarchiste, dont s’extraira en 1975 l’Organisation combat anarchiste.

Alain est encore là, luttant contre l’extrême droite ; antimilitariste, il soutient les insoumis à l’armée.

Et lorsque l’OCA fusionne en 79 avec l’Union des travailleurs communistes libertaires (UTCL), on y retrouve toujours Alain.

Il se battra aux côtés des indépendantistes kanaks dans l’Association information et soutien aux droits du peuple kanak (AISDPK) pendant plusieurs années, il aidera à l’organisation des Rencontres internationales sur la pédagogie libertaire, il manifestera contre la guerre du Golfe, s’investira dans le syndicalisme à la CGT, (il était ouvrier d’État au cadastre à la DGI) et il occupera des immeubles vides avec les familles sans logis de Droit au logement.

Et lorsque l’UTCL s’agrandit et devient Alternative libertaire en 1991, il est encore là et accepte d’être le directeur de publication de notre journal.

Il a reçu des coups de poing des fachos dans la rue, des coups de bottin sur la tête dans les commissariats et des coups de matraque dans les manifs... mais il était toujours là, calme, solide, fidèle à son idéal.

Il fallait vraiment que ce fut un ennemi invisible, microscopique et sournois qui l’attaque, pour venir à bout de sa résistance.

Nous continuerons notre combat commun, encore et encore. Nous le continuerons aussi pour Alain.

Clotilde (AL 93)

 
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