Nécrologie : Marthe Ekemeyong Moumié, une anticolonialiste camerounaise

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Le 8 janvier 2009, le corps sans vie de Marthe Ekemeyong Moumié était retrouvé à son domicile d’Ebolowa, au Cameroun. Le 12 janvier, la police interpellait un adolescent soupçonné de ce meurtre crapuleux. Âgée de 77 ans, Marthe était la veuve de Félix-Roland Moumié, le leader de l’Union des populations du Cameroun (UPC), empoisonné au thalium le 3 novembre 1960 par les services secrets français. Dans son documentaire L’Assassinat de Félix Moumié, l’Afrique sous contrôle, le cinéaste suisse Frank Garbely (lire AL de mars 2006) dépeignait les circonstances de ce forfait impuni. En sa mémoire, Marthe Ekemeyong Moumié avait publié, en mars 2006, un essai préfacé par Ahmed Ben Bella, Victime du colonialisme français (Éd. Duboiris). D’elle, une image restera gravée dans ma mémoire. Le 3 octobre 2004, alors qu’elle venait se recueillir sur la tombe de Félix au cimetière de Konakry (Guinée), elle constata avec atterrement que le cercueil et la dépouille avaient été enlevés. Dans un dépotoir, ne subsistait que la coquille métallique interne, percée de trous.

René Hamm

 
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