Ni Putes ni soumises... : mais très sponsorisées

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L’association Ni Putes ni soumises (NPNS) n’est pas moins légitime qu’une autre pour défendre la cause des femmes, et la sincérité de ses militant(e)s ne fait aucun doute. Ce qui est insupportable, c’est propension de ses dirigeant(e)s à se présenter comme la « nouvelle génération », dont l’irruption est censée ringardiser illico les « vieilles combattantes » du féminisme, issues de l’extrême gauche. On est pourtant très loin de la réalité si on mord à l’hameçon. Car il s’agit ni plus ni moins que d’une stratégie visant à monopoliser tout le capital symbolique du féminisme.

Les dirigeantes de NPNS, Fadela Amara et Loubna Méliane, ont été pour cela à bonne école : la défunte Gauche socialiste du PS, qui avait déjà à son actif quelques créatures comme SOS-Racisme dans les années 80 ou « Stop la violence » dans les années 90. Loubna Méliane est d’ailleurs vice-présidente de SOS et membre du conseil national du Parti socialiste.

La recette est la même : un peu de langage direct et beaucoup d’antisexisme-spectacle, du même tonneau que l’antiracisme-spectacle des grands frères de SOS-Racisme. Surtout pas de revendications politiques qui pourraient gêner la classe dirigeante, mais de gros concerts de témoignage, de gros ballons colorés en manif, de gros camions sono pour attirer le chaland... et de très très grosses subventions pour faire tourner la boutique.

Alors que bon nombre d’associations de défense des droits des femmes fonctionnent avec des bouts de ficelle, la machine NPNS dépense des fortunes insolentes pour entretenir sa vitrine. Le budget prévisionnel annexé à un projet de délibération de la Ville de Paris portant sur une subvention de 30 000 euros pour l’année 2004 est éloquent : 29 223 euros de dépenses en « publicité », 56516 euros en « déplacements », 38276 euros en « missions/réception » et 16582 euros en « frais postaux/téléphone » ! Tout cela dans un budget global de 464528 euros... financé à 87,4% par l’Etat, la Région Ile-de-France et la Ville de Paris.

Ce budget pharaonique pour une association qui ne possède vraisemblablement pas plus d’un millier d’adhérent(e)s (seulement 2,94% des rentrées financières) semble pourtant insuffisant - la cour d’appel de Paris a rendu en novembre 2004 un arrêt d’expulsion de NPNS de ses locaux du 190, bd de Charonne à Paris 20e, après deux ans de loyer impayés.

Tout cela, ajouté aux énigmatiques « 78064 euros » dépensés en « honoraires » - non inscrits dans les charges de personnel - en met un rude coup sur l’image de la « jeune association ancrée dans les cités » !

 
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