Non aux expulsions : Solidarité avec les Roms de Montreuil

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Le lundi 14 avril, plusieurs centaines de CRS débarquent au 47, rue Paul Doumer à Montreuil (Seine Saint-Denis) dans un bâtiment inoccupé du ministère de l’Agriculture squatté depuis un an et demi par plus de 150 Roms de Roumanie, en famille. Ils bouclent le quartier et procèdent à une véritable rafle : fouilles à corps de tous les occupants, enfants compris et arrestation d’une cinquantaine de Roms (hommes, femmes et enfants) en vue de leur expulsion par charter pour la Roumanie. Avant cette expulsion, un important travail de solidarité avait été réalisé par un collectif de soutien montreuillois.

Les conditions de vie au squat demeuraient indignes de la richesse de la France mais en un an et demi, la situation de ces personnes s’était totalement transformée. La cour, véritable cloaque, avait été remblayée de graviers et des toilettes installées. Le squat disposait de l’eau et de l’électricité, même si ces installations restaient précaires ; les droits à l’Aide médicale de l’État (AME) étaient ouverts, les enfants scolarisés depuis bientôt un an à l’école primaire, des enfants, des adultes, souffrants de maladies graves était enfin pris en charge médicalement, et, dernière victoire en date, l’accès au collège pour les enfants concernés venait d’être obtenu, après un an de démarches à l’inspection académique.

L’expulsion réduit à néant tous les efforts d’intégration, contraignant les Roms qui ne seront pas expulsés à la dispersion en Ile-de-France, l’errance jusqu’à trouver un terrain ou un autre squat.

La plupart n’ont pas de papiers leur donnant le droit de séjour en France et l’expulsion du bâtiment signifie aussi pour beaucoup d’entre eux l’expulsion du territoire.

Or, les Roms ne veulent retourner à aucun prix en Roumanie où des lois répressives contre les émigrés irréguliers et la confiscation des passeports les attendent. Tous les rapports européens concluent à des discriminations fortes en Roumanie sur les populations roms : discriminations à l’emploi, à l’accès au travail, aux soins et à l’école. Dans ce contexte violent et xénophobe, les Roms s’exilent depuis la chute du régime de Ceaucescu et se heurtent en Europe et plus particulièrement en France à des conditions d’accueil là aussi très discriminatoires : les expulsions incessantes, la non-ouverture des droits aux soins, le refus par les municipalités de scolariser les enfants, provoquent un stress et développent des pathologies qui ont pour effet de quintupler la mortalité infantile et de réduire la durée de vie.

Le collectif de soutien aux Roms de Montreuil a organisé une fête de soutien le 8 février, une manifestation le 21 mars et participe avec les Roms aux manifestations nationales en faveur des sans-papiers mais aussi contre les lois et politiques sécuritaires. Aujourd’hui le collectif de soutien se mobilise pour dénoncer l’expulsion du bâtiment réalisée avec la complicité active de la municipalité dirigée par Jean-Pierre Brard, apparenté PCF, faire libérer les Roms enfermés en centre de rétention, s’opposer aux expulsions du territoire. Un premier rassemblement s’est tenu le mardi 15 avril devant la mairie de Montreuil et d’autres actions sont prévues.

Christine (AL 93)

  • Vous pouvez nous rejoindre, nous contacter par mail à : roumain.montreuil@laposte.net, consulter notre site http://romsdemontreuil.free.fr, apporter des vêtements ou des médicaments de base et des idées pour la lutte.
 
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