Notre-Dame-des-Landes : manifestation pour la ZAD le 16 janvier

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Face à la volonté du gouvernement d’engager les travaux du nouvel aéroport nantais, les opposants et opposantes organisent la riposte, et appellent à résister dans toute la France.

Le 10 décembre, entre les deux tours des élections régionales, s’est tenue une audience en référé-expulsion au tribunal de grande instance (TGI) de Nantes, dans le cadre d’une « procédure d’extrême urgence », concernant quatre exploitations agricoles et onze familles, habitants et habitantes historiques de Notre-Dames-des-Landes. Vinci, multinationale du BTP, prétendait avoir « été contraint par le calendrier opérationnel », l’État ayant décidé fin octobre « de lancer les travaux pour le début de l’année 2016 ».

Effectivement, malgré l’engagement de Hollande de geler toute action jusqu’à l’épuisement des recours juridiques engagés contre l’aéroport, malgré les grands discours du gouvernement tenus en parallèle à la COP21, la préfecture de Loire-Atlantique avait annoncé le 30 octobre une reprise « à partir de 2016 » des travaux préalables à la construction de l’aéroport.

Ce référé, demandé par Vinci, multinationale du BTP, avait évidemment pour objectif de vider la ZAD, de s’attaquer à des lieux de vie, de solidarité, d’organisation, d’invention d’autres mondes possibles que celui du profit, du béton et de la terreur !

Un rassemblement a été organisé devant le TGI par les associations de lutte contre l’aéroport. Plus de mille personnes accompagnées de tracteurs se sont déplacées. Et là, la surprise est tombée : les avocats des habitants et habitantes menacé-e-s d’expulsion ont obtenu l’ajournement du procès. Un bol d’air !

volonté d’engager les travaux

Mais la décision du TGI d’ajournement n’est évidemment que temporaire : « Nous demanderons une réinscription au rôle au début de l’année 2016, en janvier, en respect du calendrier fixé par l’État », a indiqué lors de l’audience l’avocat de Vinci. Par ailleurs, le tribunal d’instance de Nantes réexaminera fin janvier une demande en référé visant à expulser les occupants d’une ferme située sur la ZAD, à Grandchamps-des-Fontaines, investie le 10 octobre par une dizaine de militants antiaéroport. De son côté, Bruno Retailleau, nouveau président (LR) de la région Pays de la Loire a annoncé que Manuel Valls lui a confirmé sa volonté d’engager les travaux. À plusieurs reprises, les gendarmes ont laissé filtrer que les plans d’intervention sont prêts, et qu’ils n’attendent plus que le feu vert.

L’importante mobilisation de 2012 avait mis en échec la stratégie policière de l’État pour vider la ZAD. Aujourd’hui Vinci et l’État préparent une offensive tous azimuts pour mettre à genoux les paysans et habitants. Dans la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, il est question d’une intervention des gendarmes, et d’un démarrage des travaux début 2016.

Pour préparer la riposte, s’est tenue une assemblée générale des diverses composantes de la lutte contre le projet d’aéroport (l’Acipa, l’Adeca, Copain, des occupants et occupantes de la ZAD) le 14 décembre 2015. Les opposants appellent à la "mobilisation générale". "Montrons à l’État et à Vinci que nous ne nous laisserons pas faire". Ainsi cette assemblée générale a lancé un appel aux comités de soutien à la lutte de Notre-Dame-des-Landes [1] à une journée d’action le 16 janvier, dans toute la France. Dans la région nantaise, une tracto-vélo et une marche sont en préparation. Les comités de soutien et tous les opposants et opposantes sont appelé-e-s à « imaginer dès maintenant comment participer à cette journée par des actions similaires, ou ­autres, dans leurs régions, ou à nous rejoindre  ».

Jacques Dubart (AL Nantes)

[1] Au plus fort de la mobilisation, il existait 200 comités en France.

 
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