Notre-Dame-des-Landes : Coup de force policier

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Depuis le 16 octobre, d’énormes moyens policiers sont mobilisés pour expulser les militants qui squattent et cultivent la terre dédiée au futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

JM Ayrault n’a pas hésité à octroyer au préfet des moyens importants : 600 CRS, 400 gardes mobiles, GIPN, hélico, tractopelles, pelleteuses... Le tout aux frais du contribuable qui paie l’hébergement à l’hôtel de la flicaille de toute la région (entre 500 000 et 1 million d’euros la semaine). Mardi 16 à 6h30, à grands renforts de gaz lacrymogènes et d’intimidations de toutes sortes, l’assaut à été lancé contre les militants qui occupent et cultivent la Zone à défendre (ZAD [1]) de Notre-Dame-des-Landes, afin, selon le préfet, de « neutraliser l’ensemble des moyens de séjours illégaux ». Environ 150 à 200 personnes résident sur la ZAD. Les expulsions ayant été anticipées, la résistance s’est organisée : barricades sur les routes, occupations des toits et des arbres... Et à Nantes : manifestations quotidiennes .

Une immense zone de non-droit

Opération policière à Notre Dame des Landes, le 30 octobre 2012

Plusieurs lieux squattés ont été expulsés ou détruits ; d’autres réoccupés et plusieurs lieux ne sont pas expulsables avant le 27 octobre. Le coup de force policier devrait donc continuer, criminalisant les militants et créant une immense zone de non-droit dans les communes du nord de Nantes (Notre-Dame-des-Landes, Vigneux -de-Bretagne, Fay-de-Bretagne...) où les habitants doivent subir contrôles d’identité, interrogatoires et fouilles de véhicules par 500 bleus sur place en permanence. Il y a eu des interpellations, des gardes à vue, les cars scolaires ne passent plus partout... Tout est sous contrôle policier. L’État au service de Vinci a suspendu les libertés les plus élémentaires telles la liberté de circulation et celle de manifester. La manifestation du 20 octobre à Nantes a réuni 1 500 à 2 000 personnes, de nombreuses organisations politiques et syndicales (Parti de gauche, NPA, Alternatifs, AL, CNT, Confédération paysanne, Solidaires, Fase, Acipa) et des élus [2], avec une absence révélatrice du côté d’EELV qui, en 2011, promettait pourtant qu’aucun accord de gouvernement avec le PS ne serait signé sans retrait de ce projet. Les expulsions ordonnées par Ayrault interviennent de plus dans un contexte de lutte pour le logement – 300 personnes sont dans la rue – ayant entraîné l’occupation du « Lieu unique », haut lieu culturel nantais. Le PS et sa ministre du Logement Duflot, n’hésitent donc pas à expulser 150 personnes supplémentaires avant l’hiver. Le préfet se paie en plus le luxe de saisir le procureur au sujet de « certains écrits inadmissibles d’opposants invitant à la lutte armée et à intervenir avec violence dans des entreprises ». Le PS s’attaque aussi à la liberté d’expression. Face à ce coup de force, la résistance doit continuer et s’organiser pour stopper ce catastrophique projet d’aéroport ! Une manifestation de réoccupation aura donc lieu le 17 novembre à la ZAD et des collectes sont organisées pour aider les expulsés.

AL Nantes

Pour suivre les évènements sur la ZAD : http://zad.nadir.org/

[1Au départ, les promoteurs de l’aéroport utilisent le mot ZAD pour Zone d’Aménagement Différée

[2L’Adeca, Association des élus doutant de la pertinence de l’aéroport, compte 1000 élus dont 500 en Loire-Atlantique

 
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