Nouvelle Rôtisserie : Au service du mouvement social

Version imprimable de cet article Version imprimable


Après des années d’absence, la Rôtisserie a rouvert, début mars, à deux pas des locaux dont elle s’était fait expulser, dans le Xe arrondissement de Paris. Soutiens, badauds et fêtards étaient au rendez-vous.

Ça y est ! Astiquez vos louches, polissez vos marmites, aiguisez vos hachoirs, faites chanter le cristal et tinter les couverts : la Nouvelle Rôtisserie est ouverte [1] !

Les 11 et 12 mars, l’équipe représentant les divers collectifs impliqués a inauguré les lieux, au 4, rue Jean-et-Marie-Moinon, Paris Xe, au nom de la Rôtisserie elle-même, pour financer les derniers achats de matériel. Car oui, si c’est bien une nouvelle ère gustative qui s’ouvre là, le prélude d’une épopée politico-culinaire, LNR c’est aussi et avant tout une histoire de thune. Rappelons l’idée générale : en échange d’une participation forfaitaire au loyer et aux charges, une association ou un collectif membre peut investir le restaurant pour une soirée, ou le dimanche midi, et y organiser un repas dont elle gardera les bénéfices pour financer ses projets, qu’il s’agisse d’organiser un événement culturel ou de payer l’avocat de camarades syndicalistes réprimé-e-s.

La construction de La Nouvelle Rôtisserie (maçonnerie, plomberie, électricité, premiers équipements) a été financée sur les restes de l’ancienne Rôtisserie, et surtout grâce aux subventions de la Ville. Mais à partir de maintenant, elle ne recevra aucune subvention de fonctionnement : certes, il y aura toujours le risque de ne plus pouvoir payer le loyer en période creuse, mais on y gagne considérablement en autonomie face aux pouvoirs publics.

L’autonomie au cœur du projet

Alors, pour occuper le lieu, faut participer aux frais : en adhérant comme association, d’abord (20 euros l’année), puis 70 euros forfaitaires pour un dimanche midi ou soir ou un lundi, et 80 euros pour les autres soirs.

Et l’autonomie, c’est ce qui est cœur du projet (enfin, juste derrière la thune…) : la Rôtiss’ promeut l’autogestion, elle appartient à ses membres et deviendra ce qu’ils en feront. Et elle a même été en partie construite par eux, puisqu’on doit la mosaïque qui la décore aux habitants et enfants du quartier, et que la trappe, les bancs, le bar et les étagères ont été réalisés par le collectif de menuiserie autogéré A Travers Fil et quelques bras bénévoles.

À voir l’affluence, ces deux soirées ont été particulièrement réussies : environ 200 repas ou boissons ont été servis et le vin y a coulé à flots sur fond de Bella Ciao joué dans la rue par la Fanfare invisible, réunie pour l’occasion. Pour vous donner une idée, en deux jours seulement (mais deux jours éprouvants dans la cuisine et au service), la Rôtiss’ a collecté quelque 2 450 euros. Pas encore de quoi financer la révolution, mais c’est un début. Les réservations sont ouvertes !

Marco (AL 92)

 
☰ Accès rapide
Retour en haut