Nucléaire-ITER : Les apprentis sorciers ont la folie des grandeurs

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Le projet de réacteur expérimental ITER cumule toutes les tares de l’industrie nucléaire : un coût pharaonique, un rendement nul, une dangerosité élevée, une pollution considérable mais… pas mal d’argent public dans les poches du lobby !

Le fiasco de Superphénix n’a pas servi de leçon. Avec le projet d’International Thermonuclear Experimental Reactor (ITER), les nucléocrates se sont trouvé-e-s, après la surgénération, une utopie scientiste de rechange : la fusion. Elle repose sur la croyance que l’humanité peut créer un soleil artificiel capable de fournir une énergie inépuisable. Une croyance qui coûtera au minimum à 10 milliards d’euros [1], pour qu’ITER produise, pendant 6 à 7 minutes, 10 fois plus d’énergie qu’il n’en consomme.

Ce monstre doit être construit à Cadarache, dans la vallée de la Durance, la zone sismique la plus active du pays ! Pour faire accepter le projet, qui coûtera 467 millions d’euros aux collectivités locales, les politiciens de droite et de gauche font miroiter des retombées économiques et des créations d’emplois. Mais la plus grande partie du pactole finira dans les poches des nucléocrates et des groupes du BTP. Tandis que la population supportera les nuisances et les risques : on raserait 180 hectares d’une forêt biologiquement très riche, on doublerait la ligne à haute tension qui alimente le centre de recherche, une route de 100 kilomètres serait construite entre Berre et Cadarache pour faire passer 300 convois exceptionnels à travers des zones naturelles classées. Cela se traduirait par l’abattage d’arbres, la surélévation de pylônes électriques, la démolition et la reconstruction de ponts et de nombreux aménagements routiers. Les promoteurs en profiteraient pour faire flamber les prix de l’immobilier.

Si par malheur ITER venait à entrer en service, il rejetterait du tritium radioactif dans l’environnement, contaminant l’eau, les sols et la chaîne alimentaire. Sans oublier la possibilité d’un Tchernobyl-sur-Durance.

L’opposition se structure dans le Collectif Stop-ITER qui regroupe déjà de nombreuses organisations de la région et d’au-delà. La manifestation du 10 novembre à Marseille sera sa première mobilisation. Après la réussite des manifs anti-EPR du 17 mars, une mobilisation réussie permettrait d’élargir le rapport de force. La fusion n’atteindra jamais le stade industriel, mais pour le secteur nucléaire c’est l’assurance que les financements publics continueront à affluer, consacrant la mainmise des nucléocrates sur la politique énergétique de la France. Avec l’EPR et ITER, il ne reste plus que des clopinettes pour les énergies renouvelables. Le nucléaire est une énergie du passé, empêchons le de compromettre notre avenir.

Hervé (AL Marseille)

[11. L’Union européenne finance 30 % des coûts ; la France 20 % ; les États-Unis, la Russie, le Japon, la Chine, la Corée du Sud et l’Inde chacun moins de 10 %.

 
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