Etat d’urgence

Orléans toujours assigné à résistance

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À Orléans à la mi-décembre, un collectif d’organisations syndicales, associatives et politiques s’est mis en place, bien décidé à mobiliser localement pour la levée de l’état d’urgence.

Dès le 19 novembre, Alternative libertaire Orléans prenait l’initiative d’inviter largement à une rencontre unitaire pour avoir un échange de vues et envisager d’éventuelles initiatives communes suite aux attentats de Paris et à la mise en place de l’état d’urgence.

Cette première rencontre débouchait sur la décision de réaliser une série de trois affiches (contre l’état d’urgence, contre les amalgames racistes, en soutien à la résistance kurde) cosignées par AL, la FA, les JC, le NPA et le PG. Ces cinq organisations décidaient également de proposer à nouveau très largement la tenue ­d’une réunion publique portant sur la défense des libertés démocratiques et syndicales.

Solidaires puis la FSU rebondissaient quelque temps plus tard sur cette proposition en la reprenant à leur compte. Cet engagement des structures syndicales fut décisif pour l’élargissement de la dynamique. Répondaient présentes des associations (de solidarité avec la Palestine, antiracistes, la LDH…), côté syndical, la CGT éduc’action Loiret participait également de cet élargissement ainsi que LO côté politique (puis le PCF et EE-LV très récemment).

AL Orléans avait bien sûr décidé de faire de l’investissement dans ce cadre unitaire une priorité.

Très vite, plus de vingt organisations locales (26 au dernier comptage) se sont retrouvées sur l’objectif de mobiliser pour la levée de l’état d’urgence. Trois autres revendications sont partagées : le rétablissement du droit plein et entier de manifester ; l’arrêt des perquisitions et des assignations à résidence arbitraires ; l’abandon de la constitutionnalisation de ­l’état d’urgence et de la déchéance de nationalité.

La première initiative publique du collectif Stop état d’urgence Orléans aura été la tenue d’une réunion publique avec 150 participants. La mise en avant des déclinaisons concrètes de l’état d’urgence avait présidé au choix des intervenants : un avocat ayant défendu un assigné à résidence, un membre d’association de défense des libertés numériques et notre camarade Electre d’AL Saint-Denis en « qualité » de gardée à vue du 29 novembre.

Agir et convaincre

Pour le 30 janvier, le collectif a affrété un car au départ d’Orléans. Mais c’est l’action organisée le 3 février devant le palais de justice d’Orléans qui fut un véritable acte de naissance public. Après s’être assurée d’une présence militante minimale pour engager l’action (le déploiement d’une banderole « Assigné.e.s à résistance »), elle fut annoncée la veille pour le lendemain, et près de 80 personnes se sont rassemblées le jour dit et décidaient de poursuivre l’action par une manifestation sauvage jusqu’à la préfecture. Une nouvelle initiative, « Trois heures contre l’état d’urgence », était par ailleurs programmée pour la fin février.

Les débats entre les organisations qui composent Stop état d’urgence Orléans se concentrent aujourd’hui sur la manière d’arriver à convaincre au-delà des rangs militants (tout en essayant de mobiliser au maximum ces derniers) du danger que représentent l’état d’urgence et sa constitutionnalisation. Et pour cela, agir en direction de la population est une nécessité.

Théo Rival (AL Orléans)

 
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