Photographie : Seine, « Un prolétariat rêvé »

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En Mai 68, Jean-Claude Seine a photographié – en couleur ou en noir et blanc – les barricades, les hordes de CRS, la contre-manifestation gaulliste du 30 mai, et celle du 13 mai avec les leaders de la gauche et des syndicats. Avec leurs revendications monétaires et légalistes, les pancartes portées dans cette manif monstre apparaissent d’ailleurs en décalage complet avec l’ampleur de la lame de fond qui balaie alors le pays. Mais, surtout, missionné par La Vie ouvrière, organe de la CGT, Jean-Claude Seine a photographié la grève générale. Il est allé à Citroën Clichy, au port de Gennevilliers, chez Optalix à Amiens, chez Chausson à Asnières, à Renault Flins, chez Saint Frères dans le Vimeu… et bien sûr à Renault-Billancourt. On y parcourt une imagerie assez différente de celle des manifestations étudiantes : blouses et bleus de chauffe, bérets et casquettes et, surtout, plantés à l’entrée des usines occupées, des drapeaux tricolores mêlés aux drapeaux rouges, témoignage de la domination du PCF sur le mouvement ouvrier d’alors. Un point commun en revanche  : la joie sur les visages, le plaisir de la transgression, le sentiment le vivre un moment hors du commun.

Guillaume Davranche (AL Montreuil)

  • Jean-Claude Seine, Un prolétariat rêvé, Passe du vent, 2010, 125 pages, 20 euros ; Esprit rebelle, leporello de 35 photos, 2018, 20 euros.
 
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