Politique migratoire, une seule solution : La liberté de circulation

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S’il est bien une idée admise, du Front national au Parti socialiste en passant par l’UMP et le Modem, c’est qu’il faut fermer les frontières et stopper l’immigration. C’est tellement devenu une idée admise que la plupart des gens, spontanément, ne la remettent pas en cause. Et pourtant, c’est une idée fausse.

Liberté de circulation
Tract-argumentaire fédéral d’Alternative libertaire. Septembre 2007.

Pourquoi une étrangère ou un étranger vivant en France serait-il particulièrement un poids ? Quelqu’un qui travaille, qui donc cotise à la Sécurité sociale, qui consomme, qui paie des impôts (au moins la TVA, qui est la recette fiscale n°1), ne "coûte" pas plus qu’un autre à la société. Qu’il soit ou non de nationalité française ne change rien à sa contribution à la création de richesses.

Si le chômage est à 12%, c’est une conséquence de la sacro-sainte "loi du marché", pas autre chose, ça n’a rien d’une fatalité. Qu’il y ait 300000 étrangers de plus ou de moins en France n’y changerait rien ; si la loi du marché continue de tout diriger, il y aura toujours le même pourcentage de chômage.

Malgré cela, les politiciens du FN, de l’UDF, du PS et de l’UMP ne cessent d’approuver de nouvelles lois pour un prétendu "contrôle des flux migratoires".

La "fermeture des frontières" est un fantasme

Lois Pasqua, Debré, Chevènement, Sarkozy, etc. : leur accumulation même dit leur inefficacité.

Les flux migratoires sont un phénomène ordinaire, et il est illusoire de vouloir les stopper. Sur la planète, la majorité des flux migratoires se font à l’intérieur même des pays du Sud. Seule une petite partie va vers l’Occident. Ces flux migratoires n’ont rien d’un cataclysme, et les fantasmes concernant une "invasion" sont tout bonnement ridicules.

Rappelons qu’avant 1974, lorsque les frontières étaient ouvertes, aucune invasion quelconque n’a eu lieu, alors même que de nombreux pays d’Afrique traversaient de dures épreuves (coups d’État sanglants, guerres civiles, famines). De nombreuses et nombreux étrangers venaient travailler en France quelques années, puis repartaient au pays. Certains, ayant désormais davantage d’attaches en France, préféraient s’y fixer.

Ce tableau n’a rien d’idyllique parce qu’il s’agissait d’un mode postcolonial de gestion de la main d’oeuvre et que, bien sûr, les tensions et les préjugés xénophobes ont malheureusement toujours existé. Mais ce qui a véritablement faussé le cycle naturel de ces flux migratoires, en instaurant un climat de suspicion raciste, ce sont les politiques de fermeture des frontières après 1974. Notons que toutes ces lois, de plus en plus féroces et inhumaines, n’ont jamais réussi à « endiguer » quoi que ce soit.

La "fermeture des frontières" crée la misère

Quel est donc le résultat de toutes ces politiques de chasse aux immigré-e-s qui font consensus du PS au FN ?
- elles jettent dans la clandestinité des dizaines de milliers de personnes qui auparavant pouvaient vivre au grand jour ;
- elles créent donc une masse importante de travailleuses et de travailleurs au noir, privés de tout droit, victimes de bas salaires, sans couverture médicale et sociale décente… pour le plus grand profit du patronat du bâtiment ou de la restauration !
- elles encouragent toute une sphère d’activités socialement nuisibles : passeurs, marchands de sommeil, policiers, magistrats, marchands de prisons…

L’objectif actuel de développer une politique d’"immigration choisie" fera long feu. Ceux et celles qui n’auront pas eu la chance d’être "élus" pour venir travailler en France tenteront quand même leur chance.

Pour en finir avec la mythologie de l’"invasion étrangère", pour en finir avec les abysses de détresse humaine que créent les lois anti-migrations, une seule solution : la liberté de circulation.

Du fait des règles du commerce mondial, les pays occidentaux s’enrichissent grâce à l’appauvrissement des pays du Sud. Les richesses du Sud circulent librement vers le Nord. Nous combattons contre cet état de fait, pour la redistribution des richesses.

En toute logique, nous nous battons également pour la liberté de circulation des travailleuses et des travailleurs.

 
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