Professeur.es contractuel.les : À l’école de la précarité

Version imprimable de cet article Version imprimable


Les enseignantes et enseignants contractuels, s’ils réalisent le même travail que les titulaires, sont pourtant loin de bénéficier de conditions d’exercice identiques. Un mois après la rentrée, focus sur ce statut et la précarité qu’il implique.

Diplômé.es à minimum bac+3 – souvent plus –, la différence de statut des contractuels de l’Éducation nationale par rapport aux titulaires est justifiée par le passage et/ou l’obtention du concours. Les réformes visant à réduire le nombre de fonctionnaires sous le précédent gouvernement n’ont évidemment réduit ni les besoins ni le nombre d’élèves. Interviennent ainsi les contractuels payés au rabais. Ils et elles représentent jusqu’à 11 % du corps professoral en lycée technique.

Service au compte-goutte

S’ils et elles ont la possibilité d’être « cédéisé.es » à l’issue de six ans d’exercice continus, restent celles et ceux qui effectuent de petits remplacements au gré des appels du rectorat pour parer aux congés maternité ou longues maladies. Ils effectuent un service au compte-goutte, et s’entame pour eux un véritable parcours du combattant : pointer souvent à Pôle emploi comme tout chômeur, puis renvoyer un second bulletin au rectorat chargé de fournir les allocations.

Pendant l’été, nombreux sont celles et ceux qui ne perçoivent pas cette couverture avant fin août, vivant deux mois sans rémunération en toute légalité. De même, pour savoir s’ils et elles bénéficient d’un poste à la rentrée, et duquel, du collège au lycée général, il faut attendre jusqu’aux alentours du 25 août, voire au-delà dans le cadre d’une rentrée bien entamée. Alors que les deux mois d’été pourraient permettre de préparer sereinement des cours en adéquation avec les programmes selon les classes attribuées, les contractuel-le-s sont souvent contraints d’improviser au jour le jour.

Pour autant, si ces conditions d’exercice sont difficiles, il n’en faut pas moins souligner les mérites de ce personnel qui compose tant bien que mal avec la situation et fait partie intégrante du corps enseignant.

Parcours d’études et professionnel moins linéaire

Nombre de contractuel.les finissent professeur.e statutaire et obtiennent le concours. Ils et elles sont souvent animé.es par la même vocation que les titulaires, la différence tenant plutôt à un parcours d’études et professionnel moins linéaire. Dans le cadre d’activités syndicales allant au-delà d’un corporatisme réservé aux titulaires – entre stratégies de mutation et points de carrière –, il est urgent de réserver une place digne aux contractuels, véritable vivier de revendications muselé.es par leur isolement.

Enfin, l’un des rares critères d’embauche par le rectorat réside dans l’appréciation de fin d’année du proviseur, malgré son manque de visibilité sur le travail effectué, hormis les bruits de couloir et la propension du professeur à faire grève. Soutenons-les !

Julie (AL Moselle)

 
☰ Accès rapide
Retour en haut