Tract d’AL Rennes

Projet de centre des Congrès place Ste Anne et arrivée de renforts policiers : La droite en rêvait, le PS l’a fait !

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Un nouvel espace... pour hommes d’affaires

Le projet de transformer le couvent des Jacobins en centre de congrès traîne dans les tiroirs de la Mairie depuis quelques temps. Celle-ci a en effet une conception bien à elle des besoins de la ville et de ses habitants en aménagements urbains. Ce dont Rennes manque cruellement, ce n’est ni de logements accessibles à tous, ni de nouvelles cités U, c’est d’un hôtel 4 étoiles, ce n’est pas d’espaces communs que tous pourraient s’approprier, c’est d’un Palais des Congrès pour accueillir les touristes d’affaires et autres businessmen, catégorie qui montre tous les jours, en ces temps de crise, combien elle mérite d’être choyée...

Chasser les classes populaires du centre...

A un tel zèle pour consacrer l’argent public au confort de quelques uns s’ajoute le choix d’un lieu de patrimoine qui au lieu de profiter à tous servira à assurer le standing de réceptions pour cadres supérieurs, et d’un emplacement, la place Ste Anne, lieu de vie et de passage populaire et animé dans lequel on imagine mal voir se mêler les golden boys. Nous devrions cependant louer les efforts de la Mairie en termes de mixité sociale, si l’arrivée de ces derniers ne signifiait le départ à terme des premiers : l’installation de ces équipements de grand standing, en plus de défigurer le quartier, ne peut qu’entraîner hausse des loyers et des prix des commerces aux alentours, et donc contribuer à exclure les plus pauvres du centre ville.

... et mater les récalcitrants

Coïncidence ou plan concerté, les mesures visant à « nettoyer » le centre ville des indésirables, à en faire un lieu BCBG où il fera bon vivre pour les nantis s’accumulent. Ainsi la Mairie et la préfecture ont oublié leurs anciennes querelles, et s’accordent pour commencer à installer des caméras dans les sites « sensibles » et pour faire débarquer 120 flics supplémentaires (sur 600 environ en activité actuellement à Rennes). Le dispositif : un gentil flic, l’Unité Territoriale de Quartier, actuelle version de la police de proximité, composée de 20 membres, et un méchant flic, une compagnie de sécurisation, sorte de mélange d’une CRS et d’une BAC (Brigade Anti Criminalité) forte d’une centaine de gros bras. Le champ d’intervention de ces derniers est sans équivoque : la lutte contre la petite délinquance, comprenez la persécution de SDF et l’élimination des tapages nocturnes à coup de matraque, et contre les violences urbaines, comprenez la répression de manifestations ou d’autres formes de contestation assimilées à de la délinquance car ne rentrant pas dans le cadre de ce que le pouvoir appelle l’exercice légitime de la liberté d’expression. En mai de 2006, le Canard Enchaîné avait même révélé, photos à l’appui, que les flics déguisés et mêlés aux manifestants pour provoquer des troubles et permettre des arrestations faisaient partie de cette unité... Si les projets immobiliers de la Mairie sont clairement destinés aux privilégiés, ces mesures sécuritaires, soit disant justifiées par une utilisation démagogique de faits divers, prennent en réalité pour cible les pauvres, les jeunes, et les contestataires (qui sont bien souvent les mêmes).

La ville appartient à ceux qui y vivent, à nous de refuser qu’ils décident à notre place !

AL Rennes, le 23 Septembre 2009

Tract AL Rennes 23/09/09
 
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