politique

Tentative de coup de force : Que se passe-t-il à Lille-III ?

Version imprimable de cet article Version imprimable


Une conférence sur la pensée critique qui se termine par une tentative de censure, des menaces, et finalement l’intervention de la police, tout ça dans une Université publique.

Ce jeudi 7 décembre au sein de la faculté Lille-III, nous étions une centaine de personnes à assister à la conférence d’Edouard Louis et Geoffroy de Lagasnerie : « Inventer une pensée "dysfonctionnelle". Politique, savoir, écriture ».

La conférence se déroule normalement, et doit prendre fin sur quelques questions du public. Arrive celle d’un étudiant, questionnant Geoffroy de Lagasnerie sur la possible manière de lutter face aux nouvelles mesures dans les universités. On est dans le thème après tout.

Doigt d’honneur à l’assemblée

À ce moment précis, à la stupéfaction générale, un homme intervient brutalement pour prendre le micro et couper la parole de l’étudiant. Cet homme, c’est Philippe Vervaecke, premier vice-président de l’université et vice-président du conseil d’administration de Lille-III. Pas n’importe qui, pas un vulgaire vigile. Mais il ne parvient pas à prendre le micro, et descend furieux, en tendant un doigt d’honneur à l’ensemble de la salle ! Il vient même s’immiscer à la table des conférenciers et tente de prendre le micro ! On assiste à une scène délirante !

Les conférenciers, bien conscients de ce qui est en train de se passer, refusent de lui laisser la parole, et lui demandent de quitter la tribune. Il refuse. L’ambiance est tendue. Loin d’avoir fini son numéro, il invite Edouard Louis, au creux de l’oreille, à « venir s’expliquer dehors »... Puis quitte la tribune, pour taper frénétiquement sur son téléphone. Il est en train de faire venir les flics.

La conférence prend fin. Des étudiantes et étudiants appellent à tenir une assemblée générale contre les nouvelles mesures de sélection, mais aussi contre le climat sécuritaire qui règne dans l’université. Quelques heures avant la conférence, une tribune signée par des enseignantes et enseignants-chercheurs et doctorant.es est publiée sur Médiapart : « Pas de place pour la police à l’Université ! ».

Vigiles et maîtres-chiens

Nous quittons la salle,mais des maîtres-chiens nous attendent à la sortie. Un vigile pousse un étudiant à terre. Les chiens aboient, grognent. Nous apprenons qu’un certain nombre de personnes ont été interdites d’entrée à la conférence. Les vigiles, sur ordre de Philippe Vervaecke, ont bloqués l’accès à un certain moment. Nous quittons l’université, comme halluciné.es. Concernant l’assemblée générale, elle est expulsée par des flics en tenue de combat !

Ce 7 décembre, il s’est passé des choses très graves à l’université Lille-III, qui sont le fait d’un premier vice-président d’université. Que ce passe-t-il vraiment à Lille-III ? Est-ce encore une université ou une caserne ? Un lieu d’émancipation ou d’oppression ? Nous soutenons évidemment l’ensemble des étudiantes et étudiants qui subissent la surenchère sécuritaire et libérale à Lille-III, mais également dans toutes les universités. Nous dénonçons la répression visant les étudiantes et étudiants qui s’organisent pour faire face à la casse de l’université que le gouvernement Macron est en train de mettre en place avec la sélection en licence, la fin de la compensation des UE, ou encore la réforme des statuts des universités.

Antoine (AL Valenciennes)

 
☰ Accès rapide
Retour en haut