Rencontre des luttes de l’immigration : Pour un front uni des quartiers populaires

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Courant novembre ont eu lieu les 4è Rencontres des luttes de l’immigration qui eurent le mérite d’aboutir à du concret, la création d’un Front uni des immigrations et des quartiers populaires. L’objectif : rassembler loin des partis politiques et affronter ce que le mouvement social peine à prendre en compte.

Les 4è Rencontres nationales des luttes de l’immigration se sont tenues les 10 et 11 novembre derniers dans le quartier de la Villeneuve à Echirolles, dans la banlieue de Grenoble. Le programme et les débats furent enrichissants. Samedi, table ronde « Le racisme comme système » puis « Pour l’égalité des droits » où différentes questions sont abordées telles que la condition des femmes immigrées, celle des chibanis (travailleurs immigrés retraités souvent précaires), et celle la question du droit de vote des étrangers que le PS semble déjà renvoyer aux calendes grecques. Dimanche, après le débat « les indépendances confisquées », on en vint à discuter de la construction du Front uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP). Un an auparavant, lors des 3è Rencontres à Créteil où l’appel à la création du FUIQP fut lancé, deux orientations avaient été prises. Une première, autour du Forum social des quartiers populaires (FSQP), proposait une sorte de parti commun, devenu actuellement Force citoyenne populaire, aux orientations plutôt électoralistes. Une autre tendance a proposé le FUIQP, voulant rester sur le terrain des luttes, avec l’objectif de faire émerger un mouvement social et politique en dehors du jeu électoral et de reconstruire un mouvement antiraciste radical et autonome de la gauche au sens large.

Au-delà des divergences

Le Front doit se construire en refusant un quelconque noyautage politique d’où qu’il vienne et lutter contre la dispersion actuelle des forces militantes des quartiers. Il doit fédérer au-delà des divergences en rassemblant autour de revendications communes, entre autres celles que le mouvement social traditionnel peine à prendre en compte sans ambiguïté : lutte contre les violences policières, régularisation de TOUS les sans-papiers, lutte contre l’islamophobie, refus des guerres coloniales... De plus, il y a une longue histoire d’expérimentation politique issue des quartiers populaires et des luttes de l’immigration. Or il y a un problème de transmission des héritages militants, souvent ignoré des nouvelles générations. Un autre objectif essentiel sera donc la formation, à l’histoire de ces luttes mais aussi théorique (Frantz Fanon, etc.). Dans les mois à venir, développer le Front sera le premier objectif. Des comités locaux se montent actuellement dans plusieurs villes comme Grenoble ou Lille. Les premières échéances militantes seront la campagne de soutien à ZEP et Saïd Bouamama – inculpé pour injurs publiques suite à leur dernière publication – et prendre l’initiative d’une manifestation pour le droit de vote des étrangers. Le choix est clair, rester spectateur soumis ou être acteur collectif faisant son histoire. À suivre…

Nicolas Pasadena (commission antiraciste)

 
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