Rentrée 2010 : Topographie des luttes de la Culture

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Préoccupés, comme les autres salarié-e-s, par les réformes des retraites, les travailleurs de la culture affrontent des problèmes spécifiques : externalisations, plans sociaux, précarité... Une rentrée sociale qui s’annonce particulièrement chaude !

Le secteur de la Culture connaît bien des menaces avec le désengagement de l’État et la baisse des subventions. Mais le secteur de la Culture, ce n’est pas seulement des œuvres culturelles, mais aussi des travailleurs et des travailleuses dont les emplois sont en danger. Une menace plane en cette rentrée 2010 sur les travailleurs du ministère de la Culture, et plus particulièrement des musées et des monuments : l’externalisation de la filière accueil et surveillance. Le ministère de la Culture s’apprête à connaître sa phase 2 de la Révision générale des politiques publiques (RGPP). Celle-ci menace de s’attaquer plus spécifiquement aux personnels des musées et des monuments. Déjà au printemps 2010, des documents d’un rapport confidentiel montraient qu’une des pistes envisagées consistait dans l’externalisation de la filière accueil et surveillance des musées. Cette menace prend forme au Château de Fontainebleau qui devient au mois de juin le premier établissement où cette mesure est appliquée.

Externalisation de la filière accueil

Il faut en effet rappeler que la loi de mobilité des fonctionnaires permet désormais, lorsque le poste d’un fonctionnaire est supprimé, de mettre cet agent en disponibilité d’office sans indemnités, au bout de deux ans, s’il refuse deux postes qui lui sont proposés, n’importe où en France. Par ailleurs, avec la mobilité interministérielle, et la prochaine mise en place du répertoire interministériel des métiers, il deviendra possible de proposer ces postes dans un autre ministère. Imaginons, par exemple, que l’on offre à un agent d’accueil et de surveillance dans un musée, un poste de surveillant de prison… Du point de vue de la lutte des classes, au sein du ministère de la Culture, la filière accueil et surveillance occupe une place tout à fait stratégique puisque c’est sur ces « troupes » que s’appuient bien souvent les luttes syndicales. Elle apparaît donc pour les cadres de la fonction publique chargés de mettre en place la RGPP comme la filière à abattre en priorité.

Licenciements dans les cinémas

Le second front de lutte actuel dans le secteur de la culture se situe dans le cinéma. Avec la dématérialisation des films et l’arrivée des projections numériques, entre 25 et 50 % des effectifs seront supprimés. La direction des cinémas UGC après avoir longtemps nié le virage numérique, négocie en force un PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) pour supprimer 95 emplois de projectionnistes. Face à cette attaque, de nombreuses salles de cinéma se sont mises en grève. D’ici l’échéance du 30 septembre, le mouvement va continuer et s’amplifier. Les travailleurs du secteur du cinéma sont en outre mobilisés pour obtenir des augmentations de leur rémunération : des salariés de MK2 Bibliothèque ont fait grève pour obtenir une prime exceptionnelle et l’ouverture de vraies négociations ; des syndicats d’Europalaces – les cinémas Pathé-Gaumont – sont unis pour une augmentation de 3 % de tous les salaires.

Et toujours la précarité…

Pour les militantes et les militants du syndicat Sud-Culture-Solidaires, la lutte contre la précarité restera encore en cette rentrée une priorité avec l’ouverture de négociations au niveau de la fonction publique dans son ensemble suite aux annonces faites de titularisation des précaires dans la fonction publique par Nicolas Sarkozy lors d’une émission de télévision sur TF1. Si les syndicalistes du secteur public de la Culture pensent qu’il n’y a pas grand chose à attendre de ce cycle de négociations qui vient de s’ouvrir, pour autant ils sont décidés à continuer d’agir au niveau du Ministère de la Culture sur ce problème.

Irène (Paris Paris Nord-Est)

 
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