Réseau européen des syndicats alternatifs et de base : Week-end internationaliste à Toulouse

Version imprimable de cet article Version imprimable


Le Réseau européen des syndicats alternatifs et de base poursuit son travail, avec des projets alliant court et long termes. Il s’est réuni à Toulouse le week-end des 15 et 16 novembre et a démontré sa vitalité croissante, comme celle des structures qui en sont membres.

Le Réseau européen des syndicats alternatifs et de base s’était donné rendez-vous à Toulouse les 15 et 16 novembre. Ces week-ends de travail permettent de décider des actions, d’adopter des résolutions et de mener un travail de réflexion. À Toulouse, une cinquantaine de délégué-e-s représentait la quasi-totalité des organisations membres  : Confederación General del Trabajo (CGT), Solidaridad Obrera et Confederación Intersindical de l’État espagnol, Intersindical Alternativa de Catalunya, USI, SIAL COBAS, ADL COBAS, SI COBAS d’Italie, SUD Vaud de Suisse, Union syndicale étudiante de Belgique, TIE  [1] , d’Allemagne, OZZ IP de Pologne, Solidaires et la CNT-SO pour la France.

Elles ont décidé d’appeler ensemble à la manifestation et au blocage du sommet des chefs d’État européens qui aura lieu à Bruxelles le 19 décembre, comme à l’initiative Blockupy Francfort autour de la Banque centrale européenne, début 2015. Il s’agit de s’inclure dans une initiative unitaire tout en faisant apparaître, dans la rue, l’existence d’un pôle syndicaliste révolutionnaire à l’échelle européenne.

Ancrage à la base

Au plan international comme national, la construction de mouvements interpros forts nécessite un ancrage à la base, un rapport étroit aux réalités du terrain. C’est pourquoi le Réseau poursuit le travail par branches  : éducation, étudiants et industrie/logistique se sont réunis à Toulouse. Un travail existe aussi dans les chemins de fer ou la santé. Le Réseau a de plus décidé de mettre en lien les structures interprofessionnelles locales dans des zones frontalières.

Il a confirmé son soutien à différentes luttes (Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre l’État israélien, contre le barrage de Sivens...) et lancé une campagne pour la défense des droits syndicaux et notamment du droit de grève, remis en cause dans de nombreux pays européens.

Atouts et faiblesses

Un texte a été adopté sur la situation européenne et la stratégie syndicale, concrétisée par une autre campagne qui reprendra le thème «  Les capitalistes nous coûtent cher  !  ». Entamé lors de la précédente réunion en mars 2014, un important travail sur l’autogestion et les alternatives au capitalisme se poursuit  ; un appel à agir «  pour un service public européen construit sur la base de la démocratisation, de la socialisation et de l’autogestion  » en est issu.

Des points faibles demeurent  ; certains inhérents au Réseau, telle l’insuffisance de contacts avec les syndicalistes de l’Est européen. D’autres renvoient par exemple à l’absence de structuration d’une « gauche syndicale » dans la CGT française, contrairement à ce qui se fait en Allemagne (à travers TIE et d’autres) ou en Italie (avec Il sindicate e un’ostra cosa dans la CGIL). Mais, parallèlement à la constitution du Réseau syndical international de solidarité et de luttes   [2], ce Réseau européen connaît une vitalité certaine depuis un an. Il rassemble plusieurs organisations qui pèsent dans les luttes sociales de leur pays. La grève nationale interpro du 14 novembre en Italie, à l’appel de presque tous les «  syndicats de base  », en est un exemple.

Christian (AL Transcom)

[1] Transnational Information Exchange rassemble une partie de la « gauche syndicale » allemande.

[2] Voir «  Un réseau syndical de lutte  » dans AL n° 228 de mai 2013.

 
☰ Accès rapide
Retour en haut