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Riyad-sur-Seine : la légion du déshonneur

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« Présider la République, c’est ne pas inviter les dictateurs en grand appareil à Paris », disait François Hollande lors de sa campagne de 2012. Effectivement, ça ne semble guère suffisant, il faut également leur remettre des décorations !

C’est pour cela que, un mois après avoir accueilli celui qui est présenté à tort comme un modéré, le président iranien Hassan Rohani, Hollande remet — discrètement — la légion d’honneur au prince héritier d’Arabie Saoudite, Al Saoud (et vend quelques armes au passage, comme l’a précisé Médiapart).

Curieux, n’est-ce pas, lorsque l’on sait que l’Arabie Saoudite a des relations troubles avec les fondamentalistes religieux (Daech et Al Qaeda), que c’est un des pays où les femmes sont les plus maltraitées, où les exécutions et sentences moyen-âgeuses (Les dix ans de prison et 1.000 coups de fouet pour le blogueur Raif Badawi, ou encore la condamnation à la crucifixion avec exposition publique jusqu’au pourrissement de ses chairs d’Ali Mohammed al-Nimr, pour ne citer que ces deux-là...) sont légions.

Le régime criminel d’Arabie Saoudite, c’est aussi le traitement des travailleuses et travailleurs immigrés comme des esclaves, qu’il s’agisse des salarié.es du secteur pétrolier ou des employé.es de maison.

C’est également une puissance impérialiste du Moyen-Orient. Son armée fait la guerre au Yémen (pour éviter qu’il ne tombe dans l’orbite de Téhéran) et a participé à la répression de la révolte populaire au Bahreïn en mars 2011. En tant que puissance impérialiste, elle a également une coresponsabilité dans les désastres en cours en Syrie et en Irak.

Hollande et Valls, à l’instar du capital français et international dont ils défendent servilement les intérêts, ne connaissent qu’une loi, celle du fric et des affaires et sont prêts pour cela à s’allier avec les dictatures les plus réactionnaires et les plus sanguinaires.

Ils sont les complices zélés de l’écrasement des droits des peuples, en même temps que des imposteurs quand ils prétendent faire la guerre en Afrique et au Moyen-Orient pour les défendre.

La lutte de classe est internationale, comme la lutte antiraciste et antipatriarcale. Elles nous donnent autant de raisons de nous révolter et d’en finir avec l’oppression.

Alternative libertaire, le 10 mars 2016

 
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