SBFM : Victoire pour les fondeurs

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En 2009 et après de longs mois de lutte, les travailleurs de la SBFM obtenaient leur réintégration au groupe Renault. Après ce succès historique, les fondeurs obtiennent une nouvelle victoire puisque le groupe accepte d’investir quelques 85 millions d’euros. Mais ne soyons pas dupes, la lutte continue.

Quelle belle annonce que celle – enfin ! – de l’investissement de Renault dans la modernisation de l’ex-SBFM [1]].

La fonderie, vendu en 1996 par le groupe et devenue sous-traitante, fut rebaptisée Fonderie de Bretagne lors de sa réintégration en 2009. Que de luttes pour retrouver le chemin de la maison mère et préserver l’outil de production et les salarié-e-s (550 travailleurs aujourd’hui pour près de 1000 il y a dix ans). Pour autant, les camarades de la CGT ne sont pas dupes et savent ce qui les attend, à savoir la volonté de Renault de niveler par le bas tous leurs acquis obtenus par la lutte quotidienne. Ils déclaraient en juillet dernier : « À chaque victoire nous sommes tentés – et c’est légitime – de vouloir souffler un peu, de relâcher la pression. Mais attention, la direction de FDB va quant à elle vouloir – et c’est déjà commencé – obtenir, au-delà de la productivité des installations, plus de productivité des salariés. Comment ?

Eh bien en réduisant ou en supprimant tous les temps qu’elle appelle « Temps morts » : les temps de pause, le temps de repas, les débuts et fins de poste, etc. Par ailleurs, la volonté de réduire les coûts fixes – salaires, primes, acquis et avantages divers – va aussi être énorme. Le meilleur moyen de contrer ces mauvais coups à venir est de renforcer encore votre outil syndical CGT en y adhérant et en construisant collectivement, partout dans l’entreprise y compris dans les bureaux et service, la lutte quotidienne, seul rempart des salariés face aux directions toujours plus avides de profits. » [2].

[*Gestion de l’économie par les travailleurs*]

Ici comme à PSA, Goodyear et comme dans toutes les entreprises, la loi du marché continuera de s’imposer tant que nous ne remettrons pas en avant une orientation de lutte pour la gestion directe de l’économie par les travailleurs, la socialisation des moyens de production et d’échange, une planification autogestionnaire de l’économie, conditions indispensables à une reconversion écologique et à la satisfaction des besoins fondamentaux de la société (se transporter en l’occurrence !).

Ce qui suppose de ranger au placard des accessoires de replâtrage du capitalisme, certaines orientations syndicales et politiques qui pensent pouvoir concilier capitalisme et respect de la dignité des travailleurs et travailleuses. Ce serait comme demander à un tortionnaire de pratiquer des massages apaisants lors d’un passage à tabac…

Une autre politique industrielle est décemment possible, en sortant du capitalisme et en construisant le socialisme autogestionnaire, pour le bien être de tous les travailleurs et travailleuses.

Rémi Ermon (AL Lorient)

[1Voir article et déclaration de la Cgt-Sbfm sur le blog Communistes libertaires de la Cgt : [http://communisteslibertairescgt.over-blog.nett

[2Voir article et déclaration de la Cgt-Sbfm sur le blog Communistes libertaires de la Cgt : [http://communisteslibertairescgt.over-blog.net

 
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