SNCF : Répression syndicale, nouvelle méthode managériale

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Lors des grèves contre la remise en cause du système de retraite chez les fonctionnaires, en mai/juin 2003, la SNCF a dévoilé tout son arsenal antisyndical.

Pour la première fois depuis des dizaines d’années, des grévistes ont eu des jours de mise à pied. Certains avec sursis, d’autres ferme. Des plaintes ont été déposées contre eux par la direction SNCF, de nombreux grévistes ont été placés en “ absence irrégulière ” avec des sanctions disciplinaires à la clef.

Face à tout cet arsenal de répression, c’est une quasi absence de réactions syndicales qui a prévalut, les militants concernés (principalement SUD rail) étant encore dans la culpabilité de la défaite sociale. Le silence syndical a convaincu la direction SNCF que le moment d’asseoir sa politique répressive était venu. Ainsi, en 2004, un certain nombre de syndicalistes ont été convoqués dans différents commissariats...là encore l’absence totale de réponse syndicale voir même dans certains cas de soutiens syndicaux, a une fois de plus, confirmé à la direction SNCF que sa politique antisyndicale pouvait se renforcer. En 2005, après une grève de près d’une dizaine de jours, une petite vingtaine de cheminots de la gare de Lyon se voient sanctionner de plusieurs jours de mise à pied (les sanctions allant de 3 jours de mise à pied ferme à 1 jour avec sursis).

Mais une démarche nouvelle des dirigeants SNCF doit nous alarmer : celle d’empêcher toute tentative d’actions dures. Ainsi, par un jeu juridique malhonnête, la direction SNCF tente de remettre en cause le droit du salarié de disposer de son droit de grève quand il le souhaite (ce qui ne signifie pas forcément être en grève dès le premier jour du préavis). Ce sont bien évidemment ceux/celles qui sont en avant dans la combativité syndicale qui sont visés par les patrons SNCF. Naturellement, les fédérations syndicales CGT, CFDT, UNSA, FO... restent peu touchées par les sanctions disciplinaires, l’absence de réflexe de classe pour la défense de ceux/celles attaqués caractérise aujourd’hui clairement ces organisations syndicales. Ce sont principalement les militants SUD rail qui sont touchés, ainsi que certains oppositionnels CGT .

Que faut-il attendre pour une prise en compte réelle du sérieux de la situation répressive et comprendre qu’une fois que la réactivité sociale des cheminots sera touchée, l’une des composantes essentielles des mouvements interprofessionnels cessera d’exister ?

JJL

 
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