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Si nous nous unissons tous ensemble… Nous ferons plier Jospin & Allègre !

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Les propositions d’Allègre ? Une farce !

En comparaison de la vaste mobilisation des lycées pour de meilleures conditions de travail, les réponses du ministre, Allègre, sont dérisoires :
- en termes de moyens et en termes d’emploi, il nous propose pour la France ce qui ne serait déjà pas suffisant pour la Seine-Saint-Denis !
- en termes de pédagogie : un allégement des programmes, alors que la majorité des lycéens revendiquent un réaménagement des horaires…Ou comment s’en sortir à moindre coût et en dévalorisant le contenu des enseignements.

Le gouvernement fait l’impasse sur la priorité des priorités : renforcer les moyens pour l’Education nationale.

Contre la « récupération »

Qu’un syndicat intervienne dans un mouvement, c’est souhaitable du moment qu’il est sur les mêmes positions. Le mouvement y gagne souvent en force et en cohérence.

On peut dire qu’un groupe ou une personne ‘‘récupère’’ un mouvement quand il lui fait dire ce qu’il n’a pas dit, pour servir ses propres intérêts. Le plus grand récupérateur de ce mouvement est sans doute Allègre lui-même quand il affirme régulièrement dans les médias que le mouvement lycéen soutient en réalité sa réforme (bidon) des lycées.

Autres récupérateurs : les faux syndicats lycéens (et vrais sous-marins du PS) : l’UNL et la FIDL. Pendant les vacances, ils ont négocié avec le ministère alors qu’ils n’avaient aucune légitimité pour le faire et prétendent ‘‘parler au nom’’ des lycéens. Allègre se sert de ces alliés dociles pour casser le mouvement. Mais l’UNL et la FIDL, malgré tout, ça doit représenter 50 militant(e)s dans toute la France ! Pas vraiment suffisant pour décourager le mouvement lycéen. Heureusement pour eux, ils bénéficient du renfort des médias qui, depuis que la FIDL s’est déclarée ‘‘satisfaite’’ des propositions du ministère, claironnent qu’« il n’y aura pas de manifestations lycéennes jeudi 5 novembre ».

Que faire contre cela ? Tout d’abord réussir la manif du 5 novembre. Si elle est massive, ce sera un désaveu cinglant des manipulations médiatiques et des magouilles entre Allègre et la FIDL/UNL. Ensuite, cela signifie que, sur le moyen terme, il faut mieux s’organiser, élire des représentants légitimes, contrôlés par le mouvement, construire une coordination autonome, tenir un langage clair d’opposition à la politique gouvernementale.

Le mouvement lycéen a encore des choses à dire

Mais il faut pour cela qu’il échappe à la récupération politique, qu’il sache trouver une organisation qui lui soit propre, et qu’il mène une lutte unitaire avec tous les acteurs de l’Education nationale : étudiants, profs, personnels, parents d’élèves. C’est par la lutte unitaire que le département de Seine-Saint-Denis a obtenu l’an dernier des avancées significatives pour la rénovation des lycées.

Or (à part dans le 93) les syndicats majoritaires de profs ont jusqu’ici très peu bougé, se contentant de soutenir verbalement le mouvement lycéen, se rendant parfois individuellement dans les manifs, souvent même pas badgés ! Alors que c’était l’occasion ou jamais de se lancer dans une lutte d’une ampleur sans précédent en France, et qui aurait eu bien plus de retentissement que les traditionnels « Une journée de grève » ! Il faut tenter interpeller les syndicats enseignants, et tenter d’aller vers cette union.

Grève générale de l’Éducation nationale !

Le message essentiel du mouvement lycéen, c’est le refus d’un système scolaire à plusieurs vitesses, le refus des inégalités entre lycées riches et lycées déshérités, des inégalités entre lycées professionnels et lycées généraux, qui préfigurent les inégalités sociales sur lesquelles est fondée notre société. Cela veut dire qu’il faut gagner plus de moyens, mais aussi qu’il faut revaloriser l’enseignement pro, et casser la hiérarchie instituée entre enseignement manuel et enseignement intellectuel.

L’« école de la République », c’est cela avant tout : un parcours sélectif. A l’arrivée, les « meilleurs » auront vocation à former la classe dirigeante. La grande majorité des autres, sortis plus ou moins diplômés du système scolaire, ira rejoindre les gros bataillons de salariés et de chômeurs. Aussi, même si nous gagnons le combat pour l’« égalité des chances à l’école », ce ne sera pas suffisant : cela n’empêchera pas la reproduction de la hiérarchie entre classes sociales. Alors il faut aller jusqu’au bout de la logique : changer l’école ne suffit pas, c’est toute la société qu’il faut changer ! Aujourd’hui nous demandons l’égalité des chances, demain nous réclamerons l’égalité économique et sociale !

Libertaire, égalitaire, une révolution reste à faire !

 
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