Antiracisme

Soral-Dieudonné : Le coming-out des pieds nickelés

Version imprimable de cet article Version imprimable


Le duo de bras cassés de la politique formé par Alain Soral et Dieudonné va fonder un nouveau parti. Ils sont enfin sortis de l’ombre en affichant leur proximité avec le Front National. Ce que nous savions déjà, ils l’assument maintenant publiquement.

Les pieds nickelés de la politique que sont Alain Soral et Dieudonné ont fait tomber les masques. Dans une vidéo de promotion de leur nouveau parti, ils assument enfin leur rôle de larbins du FN dans les quartiers populaires. Rien de bien nouveau diront les militants et militantes convaincues. Mais pour certains d’entre nous, qui ont vu autour d’eux des personnes défendre bec et ongles la bonne foi de leurs maîtres à penser, c’est enfin l’heure des comptes ! Les pauvres victimes du système travaillaient pour le FN depuis le début.

« Je faisais pression sur le FN de l’extérieur », se vante Soral. « On a aidé Aymeric Chauprade (député FN d’Île-de-France) à se faire élire. » déclarent-ils en chœur. Ce dernier a sans doute senti le vent tourner lui aussi, qui démentait dans une interview récente : « les gens n’ont pas voté pour moi parce que le gourou du Mandarom antisémite leur téléphonait dans les banlieues. »

Pour en rajouter une couche, voilà que le scandale éclate autour de Soral, qui serait l’auteur de textos racistes avec pour destinataire une de ses admiratrices, noire. S’ils s’avéraient authentiques, ces messages ne seraient qu’une autre preuve du délire qui se joue dans la tête de ce Drumont raté [1].

Dieudonné n’est pas en reste, lui qui se fait le porte-parole des intérêts français en Afrique, en se plaignant du rôle de la France qui recule dans les pays africains, alors que ceux-ci ont quand même « pompé les lois et l’administration » françaises.

Mais alors pourquoi créer son nouveau parti maintenant ? Comme bien souvent à l’extrême droite, c’est une affaire d’ego. Soral a compris que Marine Le Pen le méprisait. Du coup, il veut « piquer des voix au FN » et faire encore plus pression sur celui-ci en affichant des scores électoraux qui forceraient le FN à des concessions. Un pari risqué auquel Marine Le Pen a déjà répondu en se moquant de leur petit pourcentage obtenu en 2009 en région parisienne avec la liste antisioniste : « C’est du folklore ! »  [2].

Le magot iranien

Dur pour les deux compères, lâchés par le FN, lâchés par le royaliste Chauprade, lâchés par leur ancien compagnon Ahmed Moualek après que celui-ci s’est plaint de n’avoir pas touché le magot iranien de la campagne de 2009. Lâchés aussi par Jo Dalton, l’ancien chasseur de skins des Black Dragons, dégoûté par les insultes négrophobes de Soral. Et ce n’est pas fini. Ce sont désormais leurs rangs qui se délitent  : entre les benêts qui ont cru à l’antiracisme de leurs leaders, les fanatiques antisémites qui ne savent plus ce qu’ils doivent faire et les paranos qui refusent le jeu politique classique, chacun se pose des questions sur ce nouveau parti.

Pas fichus de choisir un nom de parti qui n’existe pas déjà, Soral et Dieudonné apparaissent à l’agonie dans un contexte de débandade généralisée chez les antisémites. Car c’est la ligne de Marine Le Pen qui a gagné à l’extrême droite  : celle de la haine des musulmans.

Nous continuerons à combattre ces deux clowns, mais nous pouvons les remercier de faire une bonne partie du travail à notre place. On verra s’ils tiennent jusqu’aux élections, et leur capacité réelle de mobilisation.

Manu (AL Paris nord-est)

[1] Pour les curieux, ces textos sont dévoilés sur le site internet Streetpress.com.

[2] Émission C Politique sur France 5 du 23 novembre 2014.

 
☰ Accès rapide
Retour en haut