Squat : La Crea vivra, la Crea vaincra




Depuis deux ans, un mouvement de réquisition de bâtiments s’est développé sur Toulouse : la Campagne pour la réquisition, l’entraide et l’autogestion (Crea). L’objectif est de réquisitionner des bâtiments vides, laissés à l’abandon ou soumis à la spéculation immobilière.

Nous nous sommes constitué-e-s en collectif [1] avec toutes celles et ceux qui veulent participer : des mal-logé-e-s, des familles laissées à la rue par l’État et le capitalisme, des gens qui ne peuvent plus payer leur loyers, des gens qui en ont marre de ce système, des gens solidaires…

Dans un précédent article [2], on parlait de l’expulsion d’un grand centre social autogéré, laissant à la rue près de 200 personnes. Depuis, nous nous sommes déplacé-e-s dans le quartier Bonnefoy, un quartier populaire qui est la cible d’un projet de rénovation urbaine. En effet, avec l’arrivée de la Ligne à grande vitesse entre Toulouse et Bordeaux, ce quartier situé derrière la gare va se transformer progressivement en quartier d’affaires. Nous préférons en faire un quartier de résistance ! Malgré tout, c’est un bras de fer quotidien avec la préfecture, la mairie et les flics. L’hiver a été jalonné par des procès et des expulsions à répétition. Mais comme le dit le vieil adage : « Pas d’expulsions sans réoccupations ! ».

Répression et expulsions,

Actuellement, c’est plus de 14 bâtiments qui sont réquisitionnés et qui abritent près de 180 personnes. Depuis le 18 janvier, nous occupons un bâtiment appartenant à la mairie, où vivent une cinquantaine de personnes, mais qui accueille également un nouveau centre social autogéré (le troisième en 2 ans !) où se déroulent de nombreuses activités : ateliers langues, combat, danse, projections de films, chorales, etc. Des chiffres impressionnants quand on sait que pour Toulouse, il n’existe que 409 places d’hébergement d’urgence, dont seulement 168 concernent les familles.

Mais l’objectif n’est pas de pallier les manquements de l’État et de faire de la campagne une « agence immobilière de la misère ». Au contraire, on pense que l’État n’est pas la solution mais qu’il fait partie du problème et que personne ne peut s’occuper de nous mieux que nous-mêmes. Nous voulons dépasser cette société pyramidale fondée sur l’argent, le pouvoir, le racisme et le sexisme. Pour cela nous cherchons des moyens d’organisation fondés par la solidarité, l’égalité et l’autonomie. Des activités et des logements gratuits sont déjà un premier pas.

Le mot d’ordre : auto-organisation !

On s’organise de manière horizontale, toutes les décisions sont prises lors des assemblées générales. On essaye aussi de déconstruire les privilèges de genre et de race, avec des réunions non-mixtes de femmes et des ateliers « déconstruit tes privilèges », afin de tendre vers des rapports sociaux plus égalitaires. La campagne a également ouvert la « maison des enfants », un lieu d’habitation, mais qui permet aussi une prise en charge collective des plus jeunes, avec des activités le mercredi, de l’aide aux devoirs et des cours de langues. Pendant les vacances de février, les minots sont même partis prendre l’air dans la ferme autogérée de Cravirola !

Alors, même s’il reste beaucoup à faire, à résister, à construire, on continuera à ouvrir des bâtiments malgré la répression de la mairie, de la préfecture et de l’État. À Toulouse comme ailleurs, de nombreux logements sont vides, alors qu’on est de plus en plus nombreux et nombreuses à galérer pour payer un loyer, qu’attendons-nous ? Tout pour toutes et tous, pouvoir au peuple !

La Crea

 
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