Sud étudiant-e/FSE : Pau relance le débat sur la fusion

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Le débat sur l’unification du syndicalisme étudiant de lutte s’est accéléré à l’occasion d’une péripétie à Pau. La distance entre SUD et la FSE semble se réduire, mais des divergences demeurent.

Un texte interne de la Fédération syndicale étudiante (FSE) de Pau a été malencontreusement rendu public. Il y prévenait sa fédération : si l’unification Sud-FSE n’aboutit pas, le syndicat de Pau rejoindra la fédération Sud-Étudiants. Ce texte, sans doute maladroit dans sa forme, avait néanmoins le mérite de poser sur le fond la question de la refondation du syndicalisme étudiant de lutte.

L’échec des tentatives d’unification Sud-FSE de ces dernières années s’expliquait par divers préjugés réciproques, notamment sur le corpus revendicatif, sur le fonctionnement et sur la pratique dans les mouvements sociaux. Les dernières rencontres bilatérales qui ont eu lieu à Toulouse, en mai, et à Paris, en octobre, ont permis de dissiper ces préjugés.

Certaines divergences plus profondes persistent cependant. Les militantes et les militants de Sud sont clairement attachés à l’affiliation à l’union syndicale Solidaires. Les liens interprofessionnels sont en effet vitaux à l’heure où plus de 50 % des étudiantes et des étudiants sont obligés de se salarier. Mais pour certaines sections de la FSE, être rattaché à une union syndicale revient à se couper d’autres syndicats, comme la CGT. Premier désaccord.

Second désaccord, sur le plan revendicatif, il y a divergence au sujet de l’aide sociale. Sud revendique un salaire social pour les jeunes en formation, financé par la cotisation sociale au même titre que l’assurance-chômage, l’assurance-vieillesse ou l’assurance-maladie. Une revendication que l’on retrouve également à Alternative libertaire. La FSE revendique, elle, une Garantie sociale étudiante financée par des cotisations sociales mais qui prend en compte les revenus des parents. Ce qui peut poser un problème dans la perspective d’autonomie de la jeunesse. Mais ces revendications sur les aides sociales ne doivent pas cristaliser les discussions entre les deux fédérations, à condition que de réels débats d’idées soient instaurés.

Communauté de vues

Le mouvement contre la LRU en 2007 a montré le rôle primordial que peuvent jouer les syndicats de lutte. C’est grâce à l’unité à la base qu’ils ont pu faire émerger ce mouvement de contestation. C’est donc de la même manière, à la base, que l’unité des syndicats de lutte doit avancer notamment par le biais d’un travail local de rapprochement des deux structures, notamment par l’impulsion de comités pour un syndicat étudiant de lutte au niveau local, visant à poser la question de la fusion.

L’unification du syndicalisme de lutte serait très positive, mais elle ne peut avoir pour seul but une croissance quantitative. Cette unification ne trouve son sens qu’en phase avec les luttes sociales. Or, depuis de nombreuses années, Sud et la FSE se rejoignent tant sur le plan de l’auto-organisation des mouvements que sur la plupart des revendications. Une unification permettrait dans un second temps l’élargissement du champ d’action des syndicats, aujourd’hui limité aux campus, mais qui pourrait s’étendre à la jeunesse en formation en dehors de l’Université, voire à la jeunesse déscolarisée, aux jeunes travailleuses et travailleurs.

Guillermo (AL Angers), Clément (AL Pau), J.P. (AL Aix), Tristan (AL Toulouse)

• La branche Jeunesse d’AL propose un bulletin de débat Syndicalistes et libertaires.

Si vous désirez le recevoir contactez sbf_jeunesse@alternativelibertaire.org

 
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