Sur le « réformisme » de la CFDT

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Les médias, le gouvernement et le patronat semblent tous d’accords pour accorder à la CFDT un brevet de « réformisme ».

Les mêmes taxent les syndicats plus combatifs de « conservateurs », l’étiquette politique historiquement attribuée aux bourgeois les plus bornés. Nous devons être attentifs à cette bataille de mots qui cache une bataille idéologique décisive qui veut faire du capitalisme ultralibéral la perspective progressiste là où le communisme serait réactionnaire. Ces mots ont un sens et une histoire politique liés au mouvement ouvrier dans un débat entre réformistes et révolutionnaires. Pour simplifier, les réformistes pensent qu’une accumulation de réformes finirait par grignoter le capitalisme et cette conception a nourri l’électoralisme au détriment de la lutte directe.

Les révolutionnaires, au-delà de leurs visions plurielles, pensent qu’il faut assumer une rupture fatalement brutale avec les bénéficiaires du mode de production capitalistes : les patrons et leurs alliés. Taxer la CFDT aujourd’hui de réformiste est donc une manière de faire disparaitre l’idée même de rupture avec le capitalisme et son organisation sociale entre deux classes : la classe ouvrière et la classe bourgeoise. L’offensive sémantique a d’ailleurs commencé sur le mot même de classe. Nos ennemis parlent couramment de classe politique et de classe moyenne pour mieux nous enfumer. Soyons vigilants.

Ne plus utiliser les mots de l’ennemi est une condition pour nos victoires. Et donc la CFDT n’est en rien réformiste. C’est un syndicat jaune, tout simplement.

Jean-Yves (AL 93)

 
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