vendredi, 25 avril 2014
 
 

Table ronde syndicaliste 4/5 : Quelle place pour les minorités dans le syndicalisme aujourd’hui ?

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Pendant cinq mois, Alternative libertaire a mis autour d’une table plusieurs syndicalistes de générations et de secteurs différents. Pas forcément communistes libertaires, mais se reconnaissant dans le projet d’un « syndicalisme de lutte ». Un cycle de tables rondes pour faire le point sur ses réussites et ses échecs... et pour donner envie de se colleter à la réalité vivante de l’organisation des travailleuses et des travailleurs !

Qu’est-ce qu’être syndicaliste de lutte aujourd’hui ? avec Jean-Luc Dupriez (CGT-Métallurgie), Pierre Seysol (SUD-TMT), Gérard Coste (SUD-PTT), Sébastien Baroux (SUD-PTT), Emmanuelle Bigot (SUD-Rail)

Qu’est-ce que c’est l’auto-organisation des luttes aujourd’hui ? avec Jean-Michel Dauvel (SUD-Rail), Clotilde Maillard (SUD-Educ), Étienne Roch-Meyrand (SUD-Educ), Sébastien Châtillon (SUD-Rail)

Qu’est-ce que ça veut dire l’interpro aujourd’hui ? Et la lutte contre la précarité ? avec Hichem Aktouche (CGT-Pizza Hut), Olivier S. (CGT-BNP), Jean-Michel Bénichou (SUD-PTT), Boris T. Mellow (CNT-BNF)

Où en est l’intégration par le syndicalisme de la question féministe et des travailleurs immigrés ? avec Corinne Melis (SUD-Santé), Noël Morel (UL-CGT Paris 20e), Ali Tolu (CGT-Vinci), Gaëlle Differ (SUD-PTT)

Quel est, ou quel devrait être, aujourd’hui, le rôle politique du syndicalisme ? avec Thierry Renard (SUD-PTT), Régis Blanchot (SUD-PTT), Christian Mahieux (SUD-Rail), Pascal Busquets (CGT-Ville de Paris)


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Corinne Melis est adhérente du syndicat SUD-Santé-Sociaux depuis 2005. Féministe engagée, elle travaille pour le Planning familial depuis huit ans, et anime des formations syndicales sur l’égalité hommes-femmes pour Sud-PTT et pour l’union syndicale Solidaires.

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Noël Morel travaille dans le secteur social. Militant CNT dès 1978, il est à la CGT depuis trois ans. Il est membre du Bureau national du syndicat de la Fédération des Œuvres laïques (affilié à la Ferc), actif au sein de l’UL-CGT de Paris 20e, participe à plusieurs commissions de l’UD de Paris, et est actif dans les réseaux de soutien aux sans-papiers du quartier Belleville.

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Ali Tolu travaille depuis quatre ans chez Sogea, une filiale de Vinci dans le bâtiment. Arrivé en France il y a vingt-cinq ans, il a été président pendant plusieurs années de l’Association culturelle des travailleurs immigrés de Turquie (Actit), et a été un des porte-parole du mouvement des sans-papiers en 1991. Il est aujourd’hui militant CGT, délégué du personnel et élu au comité d’entreprise.

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Gaëlle Differ travaille à la Poste depuis plus de neuf ans. Elle est actuellement factrice à Montfermeil et permanente à Sud-PTT 93 depuis un an. Elle est membre du bureau fédéral de Sud-PTT depuis 2006.


Alternative libertaire : Aujourd’hui nous allons traiter de la place de deux « minorités » dans le syndicalisme. Nous ne parlons pas de minorités d’un point de vue quantitatif, mais de celui de leur exploitation et de leur domination spécifiques : les femmes et les immigré-e-s. Le prolétariat est stratifié : nombre de femmes et d’immigré-e-s sont assignés aux métiers les moins qualifiés et les plus précarisés. Plus on va vers les postes qualifiés et à responsabilité, plus elles et ils disparaissent. De ce point de vue, le syndicalisme ressemble au salariat : si l’on trouve bien sûr des immigré-e-s et des enfants d’immigré-e-s parmi les adhérents, il y en a beaucoup moins qui occupent des responsabilités locales, départementales ou fédérales. Idem pour les femmes. Comment remédier à ces décalages ? L’évolution ira-t-elle de soi ? Faut-il une prise de conscience ? Une politique volontariste ?

Corinne : Le syndicalisme ne peut se faire sans les femmes qui représentent 46 % de la population active. Mais il n’est pas une bulle étanche dans la société : il a été confronté au même type d’hostilité au travail des femmes d’une part, et à leur implication sociale et politique de l’autre. L’émancipation des femmes pose question : la prise en compte des spécificités est vécue comme une menace vis-à-vis de l’unité du prolétariat. En même temps, le pragmatisme pousse à l’organisation des « minorités », ne serait-ce que pour éviter la mise en concurrence des travailleuses et des travailleurs entre eux.

Malgré de réelles avancées, seulement un tiers en moyenne des syndiqué-e-s sont des femmes, ce qui entretient le fait que leurs revendications restent marginales et secondaires. Pourtant, contrairement à ce qu’on croit, les femmes s’engagent. Mais elles militent plus dans des associations (familiales, de quartiers…) – plus en lien avec ce qu’elles ont intégré comme relevant de leurs prérogatives – que dans les syndicats. D’autre part, les travailleuses savent mener des luttes dures. Les luttes des femmes de ménage d’Arcade en 2003, par exemple. Donc la sous-représentation des femmes dans le monde syndical n’est pas due à leur incapacité intrinsèque à s’engager ou à se battre. Il faut en chercher les causes ailleurs : dans les représentations dominantes du rôle des femmes dans la société, et dans leurs conditions matérielles de travail et de vie.

Gaëlle : À la Poste, la répartition hommes-femmes, c’est 50/50. Au niveau des adhérentes et des adhérents de Sud-PTT, c’est sensiblement pareil. Mais on ne retrouve pas la même proportion dans les mandats fédéraux et locaux. Au bureau fédéral (BF), qui compte 25 salarié-e-s des télécom et 25 des postes, il y a dans chaque collège un quota de 9 postes sur 25 réservés aux femmes. À chaque renouvellement, ces 9 postes ne sont pas forcément tous pourvus. À l’issue du congrès de 2005 par exemple, il a fallu attendre un an pour que 2 postes restés vacants soient pourvus. C’est à ce moment-là que je me suis portée candidate et que j’ai intégré le BF.

Dès sa création, Sud-PTT s’est réclamé du féminisme. Mais le concept de quota a provoqué des débats houleux, même si beaucoup de copains étaient conscients qu’il fallait que les femmes intègrent les instances. Les militantes et les militants peuvent être rétifs aux quotas, parce qu’ils ne veulent pas qu’on leur impose des choix – en l’occurrence un nombre délimité de femmes, de gens de couleur, de jeunes, etc.

Aujourd’hui le quota féminin n’est plus contesté. Mais il faut préciser que le BF est la seule instance de Sud-PTT qui fonctionne avec ce système. Localement il n’existe pas, et au secrétariat fédéral (SF), qui comprend 8 personnes, il n’y a qu’une seule femme. La question se pose donc d’étendre le système.

Corinne : Une démarche volontariste de parité dans les instances confédérales a été adoptée à la CGT en 1999. Sans grands effets d’ailleurs sur la féminisation des autres, faute d’implication des acteurs intermédiaires. Mais le quota n’est pas la seule politique volontariste possible : on peut aussi intégrer des modules « femmes » dans les formations syndicales de base, encourager la création de commissions, faire évoluer des modes de fonctionnement qui de fait marginalisent les femmes (horaires, modalités de prise de parole…).

Gaëlle : On suggère d’utiliser les heures d’information syndicale par exemple, pour poser les questions spécifiquement féminines. Aux élections professionnelles, on s’efforce de constituer des listes paritaires hommes-femmes (objectif quasi impossible à tenir dans le collège cadres). Et par le biais de la commission Femmes de Sud-PTT, nous avons élaboré une plate-forme revendicative, votée ensuite massivement en comité fédéral.

Pourquoi ce manque de candidates aux responsabilités ?

Gaëlle : Les femmes se posent plus de questions avant d’y aller. Les hommes hésitent moins, pour des raisons d’éducation et de disponibilité. Le rapport au temps est différent, et cela se voit par exemple dans l’utilisation des jours de RTT. La grande majorité des hommes profitent de leurs RTT pour le bricolage, le jardinage et s’occuper des enfants, mais pas pour les tâches domestiques et ménagères proprement dites : le repassage, le nettoyage des sanitaires… Cela reste majoritairement dévolu aux femmes.

Corinne : Le travail salarié, ajouté au travail domestique, c’est la fameuse « double journée » des femmes. Si on y ajoute le militantisme, on arrive à la triple journée !

Gaëlle : Et ce n’est pas qu’une question de gestion du temps, c’est aussi la question de la triple responsabilité. Quand tu as pensé à ton boulot, quand tu as pensé à gérer ta famille, tu dois encore penser à gérer le tract à écrire, la « diff. » à organiser, la prise de parole à préparer, etc.

Corinne : Tout cela a évidemment des incidences sur la syndicalisation des femmes, surtout les plus exploitées (dans les services aux particuliers, le commerce…) et dans ce cadre, notamment les femmes immigrées : elles travaillent en grand nombre dans des secteurs très durs, où les syndicalistes sont pourchassées. Pour toutes ces raisons l’engagement demande en moyenne plus d’efforts aux femmes, qui se syndiquent moins. Et bien sûr, cela pèse sur la prise en compte de l’intégration des femmes, des questions féministes et sur les revendications.

Gaëlle : Moi-même je n’ai pas posé ma candidature au BF au congrès de 2005. Je n’étais pas permanente et, étant seule avec deux enfants, je ne me suis pas lancée. J’ai attendu quelques mois pour être prête à y aller. Le problème de la confiance en soi est très prégnant chez les femmes.

Ali : Il pèse sur les femmes une responsabilité que la société leur a imposée : les enfants. Je me souviens d’une action symbolique là-dessus, lors d’un pique-nique organisé par l’Actit, où il leur était interdit de s’occuper des enfants. C’était aux hommes de le faire. Au Kurdistan, si elles ont acquis des droits, c’est par leur participation à la guérilla. On pourrait faire le parallèle au niveau de notre débat.

Gaëlle : En fait, le système des quotas ne permet pas réellement d’encourager les femmes à siéger. Mais il leur assure que, si elles veulent venir, elles le peuvent. Avoir des femmes qui ont des responsabilités, aussi bien au niveau fédéral qu’au niveau local, ça montre aussi aux autres militantes que c’est possible.

Corinne : Pourtant, dans l’histoire, l’intégration des femmes dans les institutions du travail a précédé leur intégration politique : elles ont obtenu le droit de vote et l’éligibilité aux prud’hommes dès mai 1907 alors qu’elles attendront avril 1944 pour les élections politiques. Le cas des immigré-e-s est d’ailleurs analogue : elles et ils votent (bien qu’inéligibles) aux prud’hommes depuis 1975 et peuvent être délégué-e-s du personnel depuis 1982. La situation des femmes et des immigré-e-s, c’est souvent un miroir grossissant de ce qui attend l’ensemble du salariat, comme par exemple la flexibilité ou la précarité. C’est pour cela que des luttes spécifiques peuvent rejoindre l’intérêt général.

Gaëlle : Comme par exemple l’obtention d’une diminution du poids des sacoches pour les factrices, qui s’est ensuite étendue à tout le monde. Avec les lois sur l’égalité salariale, certains pensent que la question de l’inégalité des droits est réglée. Or si ces lois existent, elles sont peu utilisées. Alors certes, il faut les faire vivre, mais elles ne règlent pas tout.

Corinne : Dans la formation que j’anime avec des militantes de la commission « Femmes » de Sud-PTT, on essaie de comprendre pourquoi, alors qu’il existe une égalité formelle, on n’arrive pas à une égalité réelle dans le travail, dans la société et dans le syndicat. La division sexuelle du travail, on la retrouve dans la répartition entre « métiers masculins » et « métiers féminins ». Cela a des incidences sur les carrières et les différences de salaires. Dans le temps partiel, les femmes sont surreprésentées. La précarité est très féminisée également. C’est principalement à cela que l’on doit l’inégalité de revenus entre les hommes et les femmes.

Ali : On peut se poser la question en effet de savoir pourquoi, alors que les femmes militent autant que les hommes, elles ne le font pas sur le même terrain. Plus présentes dans les associations que dans les syndicats, pourquoi ? Alors que le syndicat attaque le noyau dur des questions de la société…

Pour en venir au deuxième sujet, je précise d’abord à quel point c’est important de parler de « travailleuses et travailleurs immigrés » et pas d’« étrangers » dans ce débat – même si je comprends que le terme « étrangers » permet d’identifier une catégorie juridique.

Corinne : Oui, parce que quand on s’est battus contre la réforme du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda), c’était bien une question qui touchait directement les travailleuses et les travailleurs n’ayant pas la nationalité française (des « étrangers » donc), ce qui n’est pas le cas de toutes et tous les immigré-e-s.

Ali : Mais pour ma part, moi qui n’ai pas la nationalité française, je ne me définis pas comme « un étranger », mais comme « un travailleur en France ». Le capital circule partout. Pourquoi moi je douterais un moment de ma place ici en tant que travailleur ? Madjiguène Cissé, la porte-parole des sans-papiers, le disait en 1996 : « Nous sommes une partie du mouvement ouvrier. » Mon identité c’est aussi la Commune de Paris, Juin 36, Mai 68.

J’ai rompu avec toutes les organisations de ma communauté à cause d’un manque de clarté sur le communautarisme. Moi, si je suis opposé à Sarkozy, ce n’est pas parce que je suis kurde, mais parce que je suis ouvrier ! Mais le PS et le PCF ont rejeté cette revendication de vouloir exister en tant que travailleurs, et pas seulement en tant qu’« immigrés » ou « étrangers ».

C’est une certaine gauche affectionnant l’antiracisme-spectacle, qui aime les immigré-e-s en tant que « blacks » ou « beurs » mais les déteste en tant qu’ouvrières ou ouvriers. En 1983, le pouvoir socialiste dénonça, derrière les grèves des OS de Renault-Flins et Peugeot-Talbot, l’« intégrisme musulman ». Cette négation de l’identité de classe tient véritablement d’un imaginaire colonial.

Ali : Même le syndicalisme n’a pas, dans son ensemble, une approche de l’immigration d’un point de vue de classe. Il se replie trop sur une approche humanitaire de type « droits de l’homme ». Pourtant les revendications spécifiques des travailleuses et travailleurs migrants doivent s’intégrer dans une lutte syndicale globale. Mais la mentalité, le plus souvent, consiste à considérer les gens comme des étrangers, avant de les considérer comme des travailleurs. La rhétorique des « droits de l’homme » supplante celle des droits sociaux. Du coup, le syndicalisme a tendance à déléguer cette question à des associations spécialisées, extérieures à lui.

Noël : Parallèlement, beaucoup de gens de la CGT militent dans des collectifs de soutien aux sans-papiers, comme RESF, mais c’est en fait un engagement individuel, déconnecté de la pratique syndicale. Dans les « repères revendicatifs » adoptés en mai 2007, qui sont un peu le « programme » syndical de la CGT, il y a 35 fiches qui abordent tous les thèmes (femmes, saisonniers, sous-traitants…), et pas une seule n’est consacrée spécifiquement aux travailleuses et travailleurs migrants ! Pourtant les luttes de l’immigration montent dans la CGT, mais elles montent par la base. Parce que si on replace la lutte des sans-papiers dans le cadre du travail, sous un angle de classe, le syndicat commence à se sentir concerné. En Région parisienne, la CGT tente actuellement de se mettre à la page, sous la pression de Massy ou de Roissy, où quelques milliers de travailleuses et de travailleurs immigrés se sont syndiqués un peu sur le modèle de Massy.

Ali : Le cas de l’union locale CGT de Massy-Palaiseau (91), qui intègre des comités de sans-papiers, est malheureusement un cas isolé. Et ce n’est pas un hasard si ce sont des militantes et des militants révolutionnaires qui animent cette UL. Globalement, les structures syndicales actuelles sont inadaptées à une véritable intégration des migrantes et des migrants. Les quotas ne résoudraient rien. Cela passera plutôt par le contenu des revendications et les moyens d’organisation. Je cite un exemple : lorsque j’ai proposé de tenir une permanence gratuite, en langue turque, à la bourse du travail, cela n’a pas été accepté. Pourtant, cette question des moyens, c’est un peu comme pour les femmes : s’il y a une pénurie de crèches, on sait que ça freine l’implication des femmes.

Gaëlle : Ça c’est évident. Les syndicats doivent intégrer cette idée, s’ils veulent que des femmes prennent des responsabilités. Sud-PTT, à présent, finance la surcharge financière – le baby sitting – pour les parents isolés (le plus souvent des femmes) qui doivent participer à des réunions nationales ou régionales importantes par exemple. Et au congrès de 2005, il y avait une prise en charge financière et une prise en charge locale.

Corinne : Aujourd’hui, l’urgence est à l’intégration de la question des sans-papiers d’une part et des discriminations racistes de l’autre dans l’action syndicale. Or, dans un contexte politique d’instrumentalisation de la xénophobie, on a parfois l’impression que certaines directions syndicales sont frileuses, ont peur de braquer leur base en affirmant la volonté de syndiquer des « étrangers » ou de s’attaquer à toutes ces questions. Mais ça bouge ces derniers temps sur ce front.

Noël : Il y a eu un malaise après le sondage post-présidentielle qui faisait apparaître le nombre d’adhérentes et d’adhérents ou sympathisants CGT qui ont voté FN. Ce qui se met en place maintenant, c’est un peu une réponse à ça. L’union départementale de Paris a inscrit le soutien aux sans-papiers et le thème de l’immigration en général parmi ses axes revendicatifs généraux. Et normalement des permanences spécifiques doivent se mettre en place.

L’enjeu, après, c’est de réussir à faire le lien avec les militantes et les militants dans les boîtes, qui ont du mal à s’occuper de cela, parce que les questions précises sont éludées, parce qu’ils manquent d’information.

Il y a néanmoins un point positif au manque de militantes et de militants dans les organisations syndicales, c’est que la place est à prendre. Les jeunes que je vois au boulot, ils s’investissent comme délégué-e-s du personnel par exemple. C’est chaud parfois, parce qu’ils risquent de se retrouver seul-e-s. Mais on voit des femmes, des immigré-e-s qui entrent dans le syndicalisme, parce que la place est libre. Ça n’est pas sans inquiéter un peu les responsables locaux d’ailleurs, qui ont peur d’avoir à « gérer » des populations auxquelles ils ne sont pas habitués. Ce qui fait peur c’est que la précarité, c’est un puits sans fond. Il y a d’abord la question du salariat, mais derrière surgissent celles du logement, des papiers, de la santé… C’est ça qui fait peur ! Il faut se former et travailler en réseau, parce que tout seul on n’y arrive pas.

Propos recueillis par le 16-12-2007 par Guillaume Davranche (AL Paris-Sud) et Victoria Frot (AL Paris-Nord)