Toutes les raisons de s’opposer à Sarkozy-Fillon

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La droite de combat est en ordre de bataille : une solide majorité parlementaire, un gouvernement « écran de fumée » grâce aux trahisons et aux débauchages, et des projets antisociaux à la pelle prêts à être mis en oeuvre pendant la période la moins propice aux mobilisations sociales : l’été.

Certes la victoire parlementaire de l’UMP a été moins écrasante que prévu. Mais La soit-disant « opposition » socialiste a perdu tout repère idéologique. Elle poursuit sa course vers la droite. Elle est plus préoccupée par ses règlements de comptes internes et les recompositions d’appareils que par la construction d’un projet de société alternatif.

La seule véritable opposition sur laquelle compter, ce sont les luttes sociales, les mobilisations des travailleurs-euses, chômeurs-euses, précaires, dans les entreprises, les quartiers, les universités, etc.

Droite extrême

Cette droite de combat est tellement « décomplexée » qu’elle assume sans vergogne ses clins d’oeil à l’extrême droite, qu’il s’agisse des annonces d’Hortefeux sur la chasse aux immigré-e-s ou de Sarkozy recevant Le Pen.

Quand l’UMP se vante d’avoir fait reculer le Front national, il n’y a pas lieu de se réjouir : le recul électoral du Front national est le revers de sa victoire idéologique : des pans entiers de son programme sont repris par l’UMP, qui s’emploie en retour à dédiaboliser l’extrême-droite. Peu importe le logo sur les slogans nauséabonds, ce sont bien les idées d’extrême droite qu’il s’agit de combattre...

Contre la TVA antisociale

En matière économique, Fillon-Sarkozy sont des anti-Robin des bois : il s’agit de prendre aux pauvres pour donner aux riches.

La TVA est l’impôt le plus injuste. La TVA antisociale de Fillon consiste à faire payer à l’ensemble de la population des exonérations de cotisations sociales pour les patrons. Ces cadeaux ne créeront pas un seul emploi. Par contre il est certain qu’ils se répercuteront directement sur les dividendes et feront s’envoler les montants déjà indécents versés aux actionnaires.

Cette mesure est stupide, même du point de vue capitaliste. D’ailleurs, même Sarkozy avait combattu cette idée lorsqu’il était ministre de l’économie [1], et les technocrates de Bercy y voient un bon moyen de plomber l’économie !

L’enjeu n’est pas du tout de favoriser l’emploi. Ca, c’est le baratin que Fillon sert aux journalistes pour tenter de faire passer la pilule. L’enjeu, c’est de siphonner encore plus les richesses produites au profit du capital et au détriment du travail.

Au contraire, nous prônons une véritable égalité, qui passe par la redistribution des richesses. Elle passe par la réduction des écarts salariaux, puis leur suppression pure et simple.

Pas d’heures sup’, des embauches !

La « défiscalisation des heures supplémentaires » relève de la même escroquerie intellectuelle. Passons sur le fait que les heures supplémentaires sont déjà payées de façon dérisoire, passons sur les violations à répétition du principe des 35h/semaines qui permettent déjà aux patrons de faire faire des heures supplémentaires pour leur éviter d’embaucher.

L’escroquerie, c’est que ces heures supplémentaires n’existent pas. D’un côté, il y a bien peu d’entreprises qui en proposent. La « flexibilité » mise en place ces dernières années en détournant le principe de réduction du temps de travail permettent déjà aux patrons de faire travailler plus sans débourser un kopeck de plus.

D’un autre côté, les heures supplémentaires effectuées ne sont bien souvent même pas comptabilisées. Elles sont donc encore moins payées. Les patrons ont un tel sentiment d’impunité, et tant de dérogations possibles, qu’ils font déjà faire des heures supplémentaires sans les payer.

Le « travailler plus pour gagner plus » est un gros mensonge, comme Sarkozy les aime tant. Son vrai slogan, c’est « faire travailler plus les salarié-e-s pour faire gagner plus aux actionnaires » !

Enfin, il faut rappeler que les cotisations patronales sont une partie du salaire. C’est du salaire indirect. Les mesures de Sarkozy-Fillon consistent à baisser les salaires ! Bref, travailler plus pour gagner moins ! Le rêve du MEDEF...

Au contraire, nous prônons une production contrôlée par les travailleurs-euses eux-mêmes, qui savent quel travail est nécessaire ou pas. Nous prônons aussi la rupture avec le productivisme capitaliste, et la fin de toutes les productions socialement inutiles.

La sécurité sociale n’est pas à vendre

Casser la sécurité sociale, c’est un objectif depuis des années des assurances privées, aidées par les gouvernements successifs. Les « franchises » sur les soins participent de cette stratégie de destruction.

Avant de parler franchise, il faudrait peut-être que l’Etat et le patronat arrêtent de piller la sécurité sociale et lui remboursent ce qu’il lui doit. L’argent de la Sécurité sociale détourné par l’Etat sous forme d’exonérations patronales couvre largement le soi-disant « trou ». L’argumentaire d’AL « Pour toutes et tous, droit à la santé » démontrait cette arnaque.

De même, il est scandaleux de faire porter ces coûts sur les seuls malades. En particulier, jamais aucun effort n’est demandé aux laboratoires pharmaceutiques qui dégagent des profits phénoménaux, ni à leurs actionnaires. Ces derniers s’engraissent sur le dos de la sécurité sociale, donc sur le dos de chacun et chacune d’entre nous.

Les vraies richesses, ce sont les richesses collectives. La Sécurité sociale, le système de santé en font partie. Ils ne doivent pas servir à enrichir quelques-uns.

La grève est légitime

Le « service minimum » relève aussi de l’escroquerie.

La SNCF, dans sa logique de service élitiste avec le tout-TGV, assure de fait un « service maximum » pour les hommes d’affaire ou les parlementaires européens adeptes du Paris-Strasbourg... et un service en-dessous du minimum pour les simples travailleurs-euses. C’est volontairement que le service est dégradé pour le plus grand nombre [2].

Une vraie ambition, ce n’est pas d’empêcher les travailleurs et travailleuses des transports (cheminots, traminots, etc.) de se battre pour de meilleures conditions de travail et un meilleur service aux usagers ! L’ambition, c’est un service de transport de qualité pour tous et toutes : ponctuel, confortable, fréquent, fiable.

Sarkozy et Fillon continuent leur stratégie du mensonge « plus c’est gros, plus ça passe ». Ils prétendent respecter le droit de grève qu’ils veulent supprimer dans les faits (même si les textes prétendront qu’il existe encore) au profit du Medef. Ils mentent également en diffusant les légendes sur les jours de grève payés.

Le gouvernement veut prendre les travailleurs et travailleuses des transports en otage ! Mais quoi qu’il fasse, la grève reste notre arme principale pour défendre nos droits. Les « encadrements » et autres « alertes sociales » n’y changeront rien.

Contre l’éducation à deux vitesses

En matière d’éducation, les projets sont conduits par une volonté de ségrégation sociale.

Que ce soit la suppression de la carte scolaire ou l’enclenchement de la privatisation des universités (pudiquement appelée « autonomie »), l’idée est la même : éviter aux « serviettes » riches de devoir côtoyer les « torchons » populaires.

L’éducation ne doit pas apprendre à briser l’autre, mais à travailler, inventer, construire et vivre ensemble.

S’opposer et construire ici et maintenant

C’est maintenant qu’il faut nous mobiliser. Empêcher ou retarder la casse des droits sociaux annoncée par le droite, c’est bien. Mais c’est insuffisant. Il faut un nouveau souffle, qui passe par de nouveaux droits, par de nouvelles conquêtes sociales pour une société plus égalitaire, plus solidaire.

Pour cela, un front anticapitaliste visible, se traduisant par une unité à la base, est nécessaire pour mener la contre-offensive idéologique nécessaire. Toutes les initiatives qui favoriseront cette convergence et ce rassemblement des anticapitalistes vont dans le bon sens.

[1Canard enchaîné (20/6/07)

 
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