Manifeste pour une Alternative libertaire

Un combat anti-impérialiste

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L’essor du capitalisme au XIXe et au XXe siècles n’a pu se faire sans le pillage systématique des ressources des pays du Sud. À l’exploitation du prolétariat répond celle des peuples d’Asie, d’Afrique, d’Amérique. Le capitalisme repose sur le développement inégal à l’échelle de la planète, sur un ordre mondial impérialiste où les métropoles s’imposent, que ce soit directement sous la forme du colonialisme, ou par le truchement de régimes corrompus, ou par l’arme des aides intéressées et de l’endettement.

Les conséquences humaines sont désastreuses : destructions des équilibres naturels, des cultures vivrières, des productions locales, au profit des secteurs d’exportation des richesses vers les métropoles. Les économies sont incomplètes, dépendantes, incapables de répondre aux besoins des populations. Corollaire : la montée des inégalités, la misère et la faim. Et la domination progressive d’une culture et d’un mode de vie « à l’occidentale » qui met en miettes les valeurs propres à chaque peuple.

Nous préconisons pour la France la décolonisation des DOM-TOM. Adversaires résolus de « notre » impérialisme, nous ne pouvons que soutenir de la manière la plus claire les luttes des peuples qui en sont les victimes, et plus particulièrement celles que mènent et que mèneront les peuples des DOM-TOM pour leur décolonisation. Nous nous opposons de même aux interventions militaires et aux guerres impérialistes perpétrées par « notre » État.

Nous soutenons toutes les luttes des peuples contre l’impérialisme et pour leur indépendance. Ce soutien de principe est en même temps lucide, critique. L’expérience historique a démontré que les luttes d’indépendance, toujours légitimes dans leur refus de la domination, et en ceci toujours à soutenir, ont accouché de régimes bureaucratiques militarisés, ou impliqués dans diverses formes de néocolonialisme. Toutes les luttes ne reposent pas sur les mêmes composantes sociales et notre soutien va d’abord aux paysans pauvres et aux prolétariats. Tous les mouvements de libération ne se donnent pas les mêmes objectifs, avec les mêmes armes, les mêmes formes. Nous soutenons en priorité les forces les plus démocratiques, les plus représentatives, et les plus susceptibles de mettre en cause le capitalisme et l’étatisme.

Face à l’oppression contre les aspirations nationalitaires et identitaires, notre soutien est acquis, mais un soutien critique, notamment vis-à-vis de conceptions qui tendraient à opposer les peuples ou à gommer les réalités de classe, telle la trilogie Nation/État/Patrie. À ces conceptions porteuses de nouvelles dominations, nous devons opposer le droit de chaque peuple à vivre sur sa « terre » au sens historique et culturel, sans que pour autant il interdise à d’autres peuples, d’autres cultures, le droit de coexister, de se mêler. Il s’agit de contribuer à la création d’une nouvelle citoyenneté transcendant les appartenances ethniques, culturelles, nationales ou religieuses.

Dans les pays européens existent, sous des formes différentes, un même processus de développement inégal et de centralisation, d’oppression des cultures et des peuples, qui a généré des revendications nationalitaires et dans certains cas des luttes pour l’indépendance ou pour l’autonomie (comme en Irlande, au Pays basque, en Corse...). Là aussi des luttes légitimes, et de notre part une participation ou un soutien critique, lorsque ces combats sont portés par des parties significatives des populations concernées et qu’ils peuvent ouvrir une perspective anticapitaliste et émancipatrice.

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