politique

Une réponse d’AL aux inconditionnels d’Asselineau-UPR

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La publication d’un modeste article moquant la « supercherie bleu-blanc-rouge » du candidat patriote François Asselineau a échaudé ses groupies, qui ont bombardé AL de dizaines d’e-mails indignés, injurieux, complotistes, parfois assortis de menaces de mort ! Passée la rigolade, un camarade a pris sa plume pour une réponse mesurée.

Bonjour,

Vous avez été quelques uns à nous écrire suite à la parution d’un article dans le journal Alternative libertaire au sujet du programme de l’UPR et d’Asselineau. La rapidité avec laquelle nous avons reçu ces messages nous incite à penser que vous avez sans doute une « Google Alert » réglée sur « Asselineau » ou sur « UPR » et que vous réagissez au quart de tour à la moindre critique émise sur la toile au sujet de ce parti et de son leader.

Même si nous nous étonnons de cette pratique militante, nous nous étonnons encore plus du contenu de certains messages, qui laissent penser que vous n’avez absolument pas pris la peine de vous renseigner sur notre organisation et que vous vous contentez d’envoyer une volée de critiques et d’injures à toutes celles et ceux qui écornent un peu la figure d’Asselineau.

Mais comme nous respectons le débat d’idées, nous souhaitons tout de même apporter quelques réponses à vos critiques, en espérant que vous prendrez la peine de les lire.

Sur la charte de Munich et le journalisme

Non, nous ne sommes pas des journalistes professionnel.les, nous sommes des militantes et militants politiques, syndicalistes, engagé.es dans le monde associatif, qui écrivons dans le journal de notre organisation pour défendre des points de vue, faire parler des luttes sociales et porter une voix communiste libertaire.

Nous ne nous sentons donc pas lié.es par la charte de Munich, qui concerne les journalistes professionnel.les, mais nous essayons en revanche de vérifier nos sources et de ne pas publier de fausses informations.

Sur le financement de notre journal

Non, nous ne recevons pas de financements de milliardaires, de magnats du pétrole ou d’autres technocrates européens pour écrire notre journal. Notre journal est uniquement financé par les dons de nos militant.es et sympathisant.es ainsi que par les ventes dans les kiosques. Nous ne sommes lié.es à aucun groupe de presse et nous écrivons en toute indépendance ce que nous pensons.

Sur l’Union européenne

Nous savons très bien que le leitmotiv d’Asselineau est la sortie de l’Union européenne, la sortie de la zone euro et la sortie de l’OTAN... mais il ne faudrait pas croire que toutes celles et ceux qui critiquent Asselineau sont de farouches « européistes ». Nous sommes pour notre part très critiques de l’institution capitaliste qu’est l’Union européenne.

En 2005, Alternative libertaire a d’ailleurs mené une campagne internationaliste et anticapitaliste pour le « non » à l’occasion du référendum sur la Constitution européenne (voir notamment notre argumentaire ici).

Concernant la critique du libre-échange et le retour au franc, nous sommes critiques de la mondialisation capitaliste mais nous ne sommes pas pour autant favorables à un retour à un capitalisme national vu qu’au final les perdant.es sont toujours les mêmes : les classes populaires.

Voir notamment ici la critique que nous faisons à la fois du libre-échange et du protectionnisme

Sur l’Otan

Alternative libertaire dénonce l’alliance militaire que constitue l’Otan, et a d’ailleurs activement participé à la préparation du contre-sommet de l’Otan a Strasbourg en avril 2009.

Si nous sommes hostiles à l’Otan, c’est en premier lieu parce qu’il s’agit d’une alliance impérialiste, et qu’AL dénonce tous les impérialismes — c’est-à-dire européen, états-unien ou turc, mais aussi russe, chinois ou iranien... sujet que préfère éviter Asselineau, d’ailleurs bien complaisant avec le passé colonial de l’État français.

Sur l’Union populaire républicaine

Nous avions déjà écrit sur l’UPR en février 2015 pour dénoncer son discours nationaliste derrière le paravent social.

C’est sans doute là que nous avons la plus grande divergence avec l’UPR : même si nous sommes nous aussi farouchement opposé.es à l’Union européenne telle qu’elle a été construite et à la mondialisation capitaliste, nous ne croyons absolument pas à un retour à l’État-nation, qui, l’histoire nous le montre, s’est toujours montré tout aussi hostile aux revendications des travailleurs et des travailleuses, sauf quand ceux-ci et celles-ci étaient en position de force (en 1936, en 1945, en 1968...).

« L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de la lutte de classes. » Nous ne croyons pas au roman national français qu’on voudrait nous faire gober pour nous convaincre de nous replier sur la « patrie » contre l’Union européenne.

Nous ne croyons pas davantage aux institutions républicaines françaises qu’aux institutions européennes : les unes comme les autres sont avant tout des outils aux mains de la classe capitaliste pour encadrer le marché, construire les infrastructures nécessaires à l’épanouissement du capital, prendre en charge les pertes (comme on l’a vu lors de la dernière crise économique), etc.

Sur l’histoire de France vue par Asselineau, n’hésitez pas non plus à consulter cet article, rédigé par un vrai historien.

Contrairement à l’UPR, AL choisit résolument son camp : nous sommes dans le camp des travailleurs et travailleuses, quel que soit leur pays, et nous ne croyons pas à une quelconque réconciliation nationale entre patrons et des salarié.es. Si vous vous souhaitez plus de détails sur les positions d’AL, voyez ici le Manifeste pour une alternative libertaire

Sur l’UPR, n’hésitez pas non plus à consulter cette excellente vidéo réalisée par Usul.

Sur les élections

Quant à ce qui nourrit tous les débats en ce moment, voici ce que nous en disons : Agir, c’est mieux qu’élire !

Benjamin, pour Alternative libertaire

 
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