dimanche, 23 novembre 2014
 
 

campagne Pour l’égalité des salaires

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La campagne « pour une égalité des salaires entre les femmes et les hommes maintenant » a débuté il y a un an et demi. Un meeting a eu lieu à la bourse du travail de Saint-Denis, le 20 octobre dernier, rassemblant plus de 200 femmes venues de différentes régions de France.

Le Collectif national pour le droits des femmes a appelé en novembre 2010 à une campagne en faveur de l’égalité salariale. Les premières organisations à répondre ont été Femmes égalité, Attac genre et la Maison des femmes de Montreuil. Pendant toute l’année 2011, puis en 2012, des rassemblements avec distributions de tracts et d’un quatre pages ont été organisés devant des supermarchés parisiens ou de petite couronne. Un premier meeting a eu lieu le 11 février 2012 à Bobigny. Une pétition a rassemblé 12 000 signatures. Un très grand nombre d’associations, de sections syndicales d’entreprises, d’unions locales ou départementales sont ensuite venues apporter leur soutien à la campagne. [1]

Plutôt que de demander à ce qu’il y ait davantage de femmes entrepreneures ou cadres dirigeantes dans les sociétés du Cac 40, les organisatrices de la campagne ont décidé de réclamer ni plus ni moins que la revalorisation des métiers les plus féminisés, qui – comme par hasard – se retrouvent au bas de l’échelle sociale.

Aides-soignantes, femmes de chambre, caissières, hôtesses d’accueil, téléopératrices, des métiers féminisés où les heures supplémentaires ne sont pas payées, où il y a du travail le dimanche et en soirée. Il faut exiger la reconnaissance de la pénibilité du travail et une augmentation des salaires significative, ceci n’empêchant pas d’exiger d’aller vers une mixité complète des emplois dans tous les domaines.

Des sanctions contre les employeurs

En 2006, une loi a rendu obligatoire la négociation en vue de supprimer les écarts de rémunération. Mais le gouvernement Sarkozy est revenu en arrière en 2010, et l’application de sanctions à l’égard des employeurs récalcitrants n’a jamais été sérieusement envisagée. De mauvais signaux ont été donnés par le nouveau gouvernement, des concessions sont accordées au Medef.

Selon Caroline de Haas (chargée de mission auprès de la Ministre des droits des femmes, qui était présente), l’obligation de remise du rapport de situation serait prochainement rétablie par le gouvernement, des sanctions pourraient être prises à l’égard des employeurs, allant jusqu’à 1 % de la masse salariale, et les négociations obligatoires seraient étendues à toutes les entreprises.

Mais les grèves de femmes se multiplient. Dans les services à la personne, en Isère, des femmes embauchées par une grande association ont fait 17 jours de grève, en mars et avril 2012. Les cantinières de la ville de Paris sont en lutte contre les contrats précaires depuis le 22 mars 2012, des CDD ou CDI de 5 à 6 heures par jour, avec un salaire de 600 euros. Les femmes de chambre de la sous-traitance de l’hôtellerie ont mené plusieurs conflits depuis un an (Novotel des Halles, Campanile et Première classe du Pont de Suresnes).

La grève du Monoprix Voltaire a duré 38 jours à la fin du mois de juin 2012, contre les conditions de travail, les méthodes de harcèlement et pour obtenir l’embauche de caissières supplémentaires. Les salariés de la Fnac au Centre commercial de la Part-Dieu sont actuellement en grève contre le licenciement abusif d’un salarié – prélude à d’autres car le groupe PPR a décidé de supprimer cette enseigne.

Les Licenci’elles, licenciées des trois Suisses, se sont mises en lutte aussi contre les licenciements boursiers, car leur entreprise fait d’énormes bénéfices et les jette à la rue. Les travailleuses sans-papiers des services à la personne luttent depuis quatre ans afin d’obtenir un contrat de travail. Une deuxième vague de grève a été déclenchée en fin de 2009 et a duré jusqu’en fin 2010, avec pour objectif d’obtenir des feuilles de paye, d’être payées au Smic, d’avoir des congés payés, de cotiser pour la retraite, d’avoir les mêmes droits que les autres salariés… Le gouvernement s’est engagé à donner un récépissé à toutes les personnes qui étaient restées en dehors de la régularisation jusqu’à présent.

Odile (Collectif national pour les droits des femmes)

[1] Voir le site du CNDF et aussi http://www.mesopinions.com/Egalite-....