non à la répression
José à la maison !

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Après les grèves de mai-juin 2003, l’Etat profite de la mise entre parenthèses du mouvement social pour attaquer individuellement ceux et celles qui se rebellent contre l’ordre social. L’incarcération de José Bové ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt : amendes et peines de prison se multiplient contre les militant(e)s syndicalistes, politiques ou associatifs, tandis que les délinquants patronaux ou politiciens sont évidemment épargnés. Face à ce durcissement de l’Etat policier, soyons solidaires.

- Un ouvrier de Daewoo accusé d’avoir incendié une usine. Pendant la lutte contre la fermeture du site de Daewoo à Mont-Saint-Martin en Lorraine, l’usine a été ravagée par un incendie, le 23 janvier. Un incendie qui a bien arrangé les patrons de Daewoo, qui voulaient se débarrasser du site. Un ouvrier gréviste, Kamel Belkadi, a rapidement été interpelé, alors que l’instruction n’a même pas exploré la piste de la responsabilité patronale.

- La police agresse les grévistes de McDo. Les jeunes salarié(e)s du McDo de Strasbourg-Saint-Denis à Paris se sont rendus célèbres pour avoir vaincu la multinationale au terme d’une grève de 115 jours l’hiver dernier. Au 80e jour d’une nouvelle grève, le 30 mai, la police est intervenu pour empêcher les grévistes de s’adresser aux salarié(e)s d’un autre restaurant : menaces au flash-ball, matraquage, gazage, insultes, et finalement arrestation d’un gréviste, Ryad, par la suite inculpé pour « outrage et rébellion ».
- La Maison des Ensembles à Paris 12e, évacuée. Une cinquantaine d’associations et de syndicats de lutte s’étaient installés dans ce bâtiment dans la foulée des grèves de décembre 1995. La police a évacué ce centre de contestation sociale le 23 juin.
- Des passagers d’Air France au tribunal. Le 17 avril, les passagers du vol Paris-Bamako ont été témoins des violences policières contre quatre personnes expulsées au Mali, « dans les hurlements et les pleurs » selon leurs termes. En s’en indignant, trois personnes ont été à leur tour arrêtées par la police. Comme elles n’avaient rien fait que de protester, la police n’a pu les inculper d’« outrage et rébellion », le nouveau dada du moment. C’est donc pour « entrave à la circulation d’aéronef » que trois passagers sont passés en correctionnelle. En réalité, c’était pour antiracisme et solidarité.
- José Bové incarcéré pour s’être opposé à une culture d’OGM en plein champs. Or les cultures d’OGM en plein air conduisent à la contamination des champs voisins (à la différence des expérimentations en milieu confiné). C’est donc fait délibérément pour rendre irréversible le développement des OGM : c’est du terrorisme agricole. En empêchant ce genre de manoeuvre, la Confédération paysanne agit dans l’intérêt de la santé publique.

Pour les prolos : tolérance zéro
Pour les puissants : tolérance à 100%

Or justement, la santé publique, on en a parlé récemment, puisque le 18 juin la Cour de cassation a prononcé un non-lieu général lors du troisième procès (celui qui concerne les administratifs et les directeurs de cabinet de l’époque) du « sang contaminé ». Après le non-lieu pour les ministres Fabius, Dufoix et Hervé, c’est une vréitable insulte à la mémoire des malades victimes de ce scandale sanitaire.

De même, le président Chirac bénéficie toujours d’une immunité insensée, alors que la Justice attend toujours qu’il vienne s’expliquer sur la délinquance financière du RPR révélée par « l’affaire Méry ».

Quant à la délinquance patronale, elle bénéficie du même laxisme : une peine de dix mois de prison avec sursis était requise contre Jean-Claude Trichet pour des malversations financières lors de la tutelle qu’il exerçait sur le Crédit Lyonnais au début des années 1990. Le tribunal l’a récemment blanchi pour qu’il puisse prendre la tête de la Banque centrale européenne.

Aux attaques individuelles que nous subissons, il faut répondre collectivement. Au hold up patronal et gouvernemental contre les retraites, la sécu, l’emploi et les services publics, il faut répondre en imposant depuis la rue une redistribution générale et égalitaire des richesses : après les grèves du printemps 2003, il faut remettre ça à la rentrée, pour que la peur change de camp !

 
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