Elections à la SNCF : Le rapport de forces reste stable

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Les quatre élections professionnelles menées le 19 novembre à la SNCF ont vu des résultats similaires aux précédents scrutins, malgré les efforts de la direction pour pousser les syndicats jaunes CFDT et Unsa. Cette petite défaite patronale doit être transformée en grandes victoires ouvrières.

Délégués du personnel, comité d’établissement, conseil d’administration et conseil de surveillance : les cheminots et cheminotes votaient quatre fois le 19 novembre ! La direction avaient imposé cette juxtaposition des scrutins pour que cela se passe le plus mal possible ; elle voulait convaincre qu’il fallait abandonner le vote à l’urne, dans les établissements, au profit du vote électronique qu’elle n’avait pu imposer cette fois ; la CGT ayant rejoint cette année SUD-Rail pour dénoncer ce mode de vote, contrairement aux derniers scrutins. Malgré l’incompétence de nombreux responsables des « ressources humaines », les salarié-e-s de la SNCF ont pu choisir leurs représentants et représentantes.

Il en ressort une grande stabilité dans le rapport de forces intersyndical. La CGT baisse de 0,92 % et recueille 34,33 %. SUD-Rail obtient 16,83 % (16,84 % auparavant). Les deux organisations qui avaient soutenu la grève reconductible de juin 2014 obtiennent plus de 50 % et pourront donc annuler les accords scandaleux que signent l’UNSA et la CFDT. Ces dernières recueillent respectivement 23,86 % (23,07 % avant) et 15,86 % (au lieu de 15,15 %). Pour la troisième fois, l’alliance électoraliste de syndicats qui n’ont rien de commun, FO/CGC/First, ne passe pas la barre des 10 % pour être représentatif (9,16 % contre 9,47 % auparavant). Le taux de participation est 66,82 % (68,33 % lors des précédents scrutins).

Règles de représentativité bafouées

La direction de la SNCF a outrageusement aidé l’Unsa et la CFDT, dans l’espoir de faire chuter CGT et SUD-Rail : accords signés en catastrophe en profitant d’une période transitoire où les règles de la représentativité étaient bafouées, propagande patronale vantant ces deux organisations syndicales… C’est un échec patronal, mais il ne sera utile aux travailleurs et travailleuses que si nous le transformons en victoires ouvrières : maintenant, c’est à nous, qui militons à SUD-Rail ou à la CGT, de faire en sorte que nos syndicats et nos fédérations opposent un front syndical uni, face aux patrons et organisations syndicales qui les soutiennent. Organisons-nous dans chaque service, établissons des cahiers revendicatifs, décidons des actions à mener pour les faire appliquer, coordonnons-nous régionalement et nationalement ; les syndicats sont des outils pour cela, ils sont à nous !

CGT et SUD-Rail représentent plus de la moitié des voix exprimées par les cheminots et cheminotes : dans une entreprise qui compte aujourd’hui exactement 50 % de personnel d’encadrement, ce n’est pas rien ! Dans le collège Exécution, CGT et SUD-Rail totalisent 66,59 % des voix. Au total, cela représente des milliers de délégué-e-s, des dizaines de milliers de journées syndicales chaque année, qui doivent être à disposition de toutes et tous pour construire nos luttes.

Le Rail déchainé (www.leraildechaine.org)

 
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