Histoire du mouvement social et révolutionnaire

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L’essentiel des articles parus dans les pages Histoire d’Alternative libertaire.

Consultez également les pages Histoire consacrées plus spécifiquement :
- au féminisme ;
- à l’anticolonialisme et à l’antiracisme ;
- au mouvement communiste libertaire.


Avant l’ère industrielle

1524-1526 : la guerre des Paysans allemands est une vaste révolte contre l’Église et la noblesse, portant en germe le projet d’une république sociale et égalitaire.


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La Révolution française (1789-1799)

Pendant cinq ans, la révolution populaire talonne la révolution bourgeoise. Les parlementaires réformateurs sont constamment sous pression du mouvement sans-culotte et, en 1792, de la Commune insurrectionnelle de Paris.

Mais la révolution est également marquée par une libération de l’action des femmes, avec des militantes comme Olympe de Gouges.

Cependant, le pouvoir populaire ne peut cohabiter indéfiniment avec le pouvoir d’État. La Terreur, politique de répression initialement destinée aux contre-révolutionnaires, frappe également l’aile gauche de la révolution.

Après la normalisation et le reflux du mouvement sans-culotte, Gracchus Babeuf et la « conjuration des Égaux » tentent de relancer le mouvement populaire et promeuvent une société de type socialiste. Ils sont arrêtés et guillotinés.


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Révolution de 1830, insurrection des canuts

Malgré l’opération de diversion que constitue la conquête de l’Algérie, la contestation de la monarchie progresse. Les 27, 28 et 29 juillet, ce sont les « Trois Glorieuses » : trois journées de barricades suffisent à chasser le roi Charles X. Cette victoire est trahie par l’avènement d’un nouveau roi : Louis-Philippe Ier.

Manifestations ouvrières contre le machinisme à Nantes, Saint-Étienne, Bordeaux, Le Havre.

En novembre 1831, les ouvriers de la soie (« canuts ») se soulèvent et s’emparent de Lyon pendant quelques semaines. Ils arborent un drapeau noir frappé de la devise « Vivre en travaillant ou mourir en combattant ». En 1834, seconde insurrection des canuts lyonnais et vague d’émeutes républicaines à travers le pays.

En 1840, Proudhon, précurseur de l’anarchisme qui a fréquenté d’anciens insurgés lyonnais, publie son mémoire révolutionnaire Qu’est-ce que la propriété ?


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Révolution de 1848

L’insurrection de février, unissant bourgeoisie et prolétariat, chasse le roi Louis-Philippe et instaure la IIe République. La trahison des idéaux sociaux de la révolution par le gouvernement bourgeois provoque, en juin, une seconde insurrection ouvrière. Celle-ci marque l’entrée en scène du prolétariat comme force autonome, mais l’armée rétablit l’ordre au prix d’un bain de sang. Trois ans plus tard, la classe ouvrière ne se soulève pas pour sauver la république face au coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte.

En 1864 est fondée l’Association internationale des travailleurs (dite « Première Internationale »), qui groupe toutes les tendances du mouvement socialiste. Tout d’abord légaliste et modérée, elle va rapidement se rallier aux positions collectivistes révolutionnaires de Marx et Bakounine.


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Mouvement communaliste de 1871

Au tout début de la IIIe République, la classe ouvrière s’empare du pouvoir dans plusieurs grandes villes. La Commune de Paris, qui dure deux mois, multiplie les mesures sociales. En mai, l’armée versaillaise reconquiert la capitale barricade par barricade. C’est la « semaine sanglante » (30.000 morts, plus de 43.000 arrestations) qui va marquer le mouvement ouvrier pour plusieurs décennies.

Un an après la Commune de Paris, la rivalité Marx-Bakounine aboutit à la scission de la Première Internationale. La majorité se rallie au fédéralisme au congrès de Saint-Imier, une étape importante dans la naissance de l’anarchisme.


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1883 : Kropotkine est condamné à la prison.

Refondation du mouvement ouvrier en France (1879-1883)

Après la répression intransigeante qui a suivi la Commune, le gouvernement autorise la tenue d’un congrès national ouvrier, très légaliste, à Paris, en 1876. En 1878, un deuxième congrès, à Lyon, voit apparaître les premières tendances révolutionnaires. Celles-ci dominent dès le troisième congrès, à Marseille, en 1879. La féministe Hubertine Auclert fait approuver, par le congrès, l’égalité hommes-femmes. Fondation du Parti ouvrier, qui regroupe toutes les sensibilités (mutuellistes, anarchistes, marxistes…).

Les années suivantes, le Parti ouvrier éclate et chaque tendance prend son autonomie. La tendance anarchiste, la plus remuante, est ciblée par la répression. En janvier 1883, à Lyon, a lieu le « procès des Soixante-six », le premier procès spectacle de l’anarchisme.

En 1886, la grève des mineurs de Decazeville est marquée par le lynchage de l’ingénieur Watrin, qui provoque un débat sur la violence dans le mouvement ouvrier.


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Fernand Pelloutier

Social-démocratie ou socialisme libertaire ?

Dans les années 1890, le débat entre socialisme d’État et socialisme libertaire marque le mouvement ouvrier international, jusqu’en Argentine et au Japon, avec Kôtoku Shûsui. Cependant, peu à peu, la social-démocratie allemande prend le leadership et impose son modèle.

Les anarchistes tentent de s’y opposer en faisant alliance avec l’aile antiparlementaire du mouvement socialiste représentée, en France, par le courant allemaniste. Après l’Affaire Dreyfus, dans laquelle ils ont lutté coude à coude contre les antisémites cette alliance se distend. Les anarchistes concentrent alors leurs efforts sur le mouvement syndical.

La lutte des classes connaît en effet une vigueur croissante à travers le monde, et les conflits géants se multiplient, comme la grève Pullman, aux États-Unis, en 1894.


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1908 : la CGT appelle à la grève générale.

Montée du syndicalisme révolutionnaire (1901-1914)

1895 : Portée par le grève-généralisme, la CGT est fondée à Limoges. Elle va progressivement rassembler tout le prolétariat combattant. À partir de 1901, les anarchistes y sont prédominants.

La lutte des classes bat son plein, et les grèves peuvent prendre un tour insurrectionnel, comme à Limoges en 1905 ou suite à la catastrophe minière de Courrières, en 1906.

Dans ce contexte, la loi de séparation des Églises et de l’État est votée dans une relative indifférence du mouvement ouvrier.

Au congrès d’Amiens, en 1906, la majorité confédérale se rassemble sous l’étiquette du syndicalisme révolutionnaire, présenté comme une doctrine à part entière. Le congrès vote une motion d’orientation qui entrera dans l’Histoire sous le nom de Charte d’Amiens. Cette affirmation du syndicalisme révolutionnaire impactera, l’année suivante, le congrès anarchiste international d’Amsterdam

Le rayonnement du syndicalisme « à la française » est important dans le monde, et des organisations cousines voient le jour, comme la CNT espagnole, en 1910.

Certaines militantes, comme Marie Guillot, s’efforcent de rapprocher les femmes et le syndicalisme.

En 1911, l’action des anarchistes dans la Révolution mexicaine soulève l’enthousiasme des révolutionnaires français, qui veulent y voir les prémices de la réalisation du communisme.

L’État français décide de briser les reins de l’organisation ouvrière. Il lui porte un coup très dur en 1908, lors de la tuerie de Villeneuve-Saint-Georges, puis en juillet 1913, après l’épisode des mutineries dans les casernes. Le plus souvent, la lutte contre la répression est coordonnée par le Comité de défense sociale.


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Le mouvement ouvrier face à la guerre (1911-1918)

Le mouvement ouvrier s’est constamment élevé contre les menées impérialistes et les menaces de guerre européenne. Dès 1909, le peuple de Barcelone se soulève contre l’expédition coloniale espagnole au Maroc. La monarchie réprime dans le sang et fait exécuter Francisco Ferrer, provoquant une vague d’indignation dans le monde entier. Dans le même temps, le mouvement ouvrier lutte contre le militarisme, la conquête du Maroc et le bagne militaire (« Biribi »).

En 1911, alors la crise marocaine menace de provoquer un conflit européen, syndicalistes français, allemands et espagnols luttent ensemble pour la paix. En décembre 1912 encore, alors que la guerre des Balkans menaçait d’embraser l’Europe, la CGT a conduit une grève générale préventive de vingt-quatre heures.

Finalement, en août 1914, la CGT est paralysée par la vague patriotique, puis sa direction confédérale suit le PS dans l’union sacrée pour la défense nationale.

Constitué en 1916, le Comité de défense syndicaliste, qui ira jusqu’à fomenter une grève générale pour la paix, sauve l’honneur du mouvement ouvrier.

La guerre s’éternisant, en 1917, une vague de mutineries frappe l’armée française.


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Vague révolutionnaire en Europe (1917-1920)

Le ressentiment est vif contre le capitalisme responsable de la Grande Boucherie. La Révolution russe ouvre ce cycle révolutionnaire. En 1918, l’Allemagne se couvre de conseils ouvriers, de Berlin à Strasbourg. C’est ensuite le tour de la Hongrie, puis de l’Italie, où le mouvement ouvrier est brutalement stoppé, en 1920, par les fascistes.

Aux États-Unis, où le gouvernement a liquidé les syndicalistes révolutionnaires des IWW au nom de l’unité nationale, la guerre sociale continue avec l’affaire Sacco et Vanzetti.

En France, les révolutionnaires misent beaucoup sur la grande grève de la métallurgie parisienne de juin 1919, puis sur les grèves de cheminots de 1920, mais celles-ci n’aboutissent pas. Elles accentuent en revanche les tensions au sein de la CGT. En décembre 1921, c’est la scission. Les syndicats révolutionnaires fondent la CGTU.


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1926 : Nestor Makhno corédige la Plate-forme.

Ressac du mouvement ouvrier (1922-1934)

Au congrès de Saint-Étienne, en juin 1922, la direction « anarcho-syndicaliste » de la CGTU est renversée par une majorité procommuniste.

Le syndicalisme révolutionnaire passe majoritairement dans l’orbite de Moscou, ce qui entraîne une nette perte d’influence de l’anarchisme français. Plus largement, c’est l’ensemble du mouvement ouvrier français et européen qui décline.

En 1922, la grande grève des locataires de Mexico marque ainsi la centralité croissante du Parti communiste dans le mouvement ouvrier.

En 1927, en France, l’Union anarchiste tente de se rénover en adoptant la Plate-forme proposée par Nestor Makhno, Piotr Archinov et les libertaires russes en exil. Cependant, cela ne suffit pas à résoudre la crise de l’anarchisme français.


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Impact de la Révolution espagnole (1936-1939)

Avec les années 1920 et la croissance vertigineuse de la CNT, l’Espagne est devenue l’épicentre de l’anarchisme dans le monde. L’avènement de la IIe République, en 1931, la fait hésiter sur ses options révolutionnaires mais, très rapidement, elle lance des tentatives insurrectionnelles.

En juillet 1936, la tentative de coup d’État militaire est stoppée par la réaction populaire. Les anarchistes prennent la tête du combat antifasciste et de la Révolution espagnole. Le choix stratégique de la CNT d’entrer au gouvernement républicain provoque cependant de vifs débats dans le mouvement libertaire international.

Les anarchistes étrangers, cependant, ne mégottent pas leur soutien, notamment par le biais d’une grande organisation : la Solidarité internationale antifasciste (SIA). C’est à cette époque que le mouvement libertaire international s’approprie le drapeau rouge et noir (« rojinegro ») de la CNT-FAI.


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1934 : l’austrofascisme écrase Vienne la Rouge.

Le péril fasciste (1934-1945)

En 1933, les nazis anéantissent le mouvement ouvrier en Allemagne ; en Autriche, Vienne la rouge est vaincue en 1934, malgré une résistance héroïque.

Après s’être enthousiasmés, en 1934, pour l’unité d’action antifasciste, les anarchistes déchantent quand, dès 1935, le Front populaire prend l’aspect d’un Front républicain légaliste et patriote.

En 1937, la manifestation antifasciste de Clichy est réprimée par la police du Front populaire, ce qui irrite encore plus les révolutionnaires.

Les grandes grèves de Juin 36 leur redonnent espoir mais, bientôt, le mouvement reflue et l’urgence devient la question de la lutte contre la guerre qui vient, sans illusion sur les accords de Munich.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le mouvement libertaire est démantelé, mais on retrouve des anarchistes dans les divers mouvements de résistance, des grèves ouvrières contre le régime de Vichy à l’insurrection du ghetto de Varsovie


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1947 : la grève Renault à Billancourt.

Après la Libération (1945-1954)

À la Libération, le PCF participe au gouvernement sur une ligne patriote. Malgré ses efforts pour étouffer la lutte des classes, celle-ci ressurgit cependant avec force, à partir de la grande grève Renault d’avril 1947. La vague de grèves qui s’ensuit provoque une crise, à la direction de la CGT, entre staliniens et réformistes. Ces derniers fondent la CGT-Force ouvrière en 1948. Bon nombre d’anarchistes, qui ont échoué à développer la CNT, finissent par rallier cette CGT-FO.

En 1953, la Fédération anarchiste scissionne. La majorité, animée par Georges Fontenis, fonde la Fédération communiste libertaire.


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1954 : la FCL soutient les indépendantistes algériens.

La guerre d’Algérie (1954-1962)

L’insurrection de la Toussaint 1954 donne le signal de la guerre de libération algérienne. La Fédération communiste libertaire s’engage aussitôt dans le soutien aux indépendantistes, ainsi que le Mouvement libertaire nord-africain. L’armée française met l’Algérie à feu et à sang, tandis qu’en métropole, les travailleurs algériens sont soumis au couvre-feu et violemment réprimés, comme lors de la tuerie d’octobre 1961.

Après l’indépendance, des militants français, qualifiés de « pieds-rouges » s’établissent en Algérie dans l’espoir qu’on va y édifier le socialisme.

Le colonialisme français, cependant, ne prend pas fin avec l’indépendance de l’Algérie, comme le signale le massacre de mai 1967 (« Mé 67 ») en Guadeloupe.


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Les « années 1968 » (1968-1978)

Les années 1968 et 1969 sont marquées, au niveau mondial, par une forte poussée des luttes d’émancipation.

En Tchécoslovaquie, le Printemps de Prague permet [l’éclosion, méconnue, de conseils ouvriers.

Au Japon, les mouvements de jeunesse dénoncent l’impérialisme US sur l’archipel.

Aux États-Unis, c’est le tournant ouvrier du mouvement noir,

En France, c’est une grève générale sans précédent qui fait de Mai 68 une situation prérévolutionnaire.

Faute de révolution, c’est un cycle de dix années de luttes et d’insubordination tous azimuts qui s’ouvre : du Mouvement de libération des femmes à la grande grève des PTT de 1974, en passant par les mutineries dans les prisons en 1971, l’autogestion de l’usine LIP en 1973 et l’éclosion des comités de soldats en 1975.

En Espagne, le régime franquiste agonisant, dans un dernier sursaut de vivacité, exécute le révolutionnaire Salvador Puig Antich.

L’anarchisme sort de dix ans de traversée du désert et se renforce. L’Organisation révolutionnaire anarchiste (ORA) voit le jour. Elle est rejointe par un militant qui aura une grande influence sur le communisme libertaire contemporain : Daniel Guérin.

En 1979, la grande lutte des sidérurgistes de Longwy clôturera cette décennie rouge.

En Amérique du Sud, ces années sont marquées par la montée du guévarisme et la conclusion dramatique de l’expérience social-démocrate au Chili. Le sous-continent plie sous la férule de dictatures fascistes sous-traitantes de l’Uncle Sam, tandis que la résistance s’organise. La Fédération anarchiste uruguayenne passe à la lutte armée et, en Argentine, se crée Resistancia Libertaria.


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1984 : 2e Marche pour l’égalité.

Le reflux des années 1980

Dès 1979-1980, la « révolution conservatrice » en Grande-Bretagne et aux États-Unis avait annoncé la couleur : le capitalisme passait à la contre-attaque. La défaite des mineurs britanniques face à Margaret Thatcher, malgré une grève historique, est tout un symbole.

Avec l’élection à la présidence de François Mitterrand en mai 1981, les années 1980 sont marquées par l’exercice « socialiste » du pouvoir, la trahison de toutes ses promesses et sa conversion au libéralisme. Les travailleurs migrants sont d’ailleurs les premiers à en faire les frais, lorsque le gouvernement PS-PCF invente la « rétention administrative ». Les violences racistes commencent à monter, et la première riposte vient, en 1983, de la Marche pour l’égalité, baptisée par les médias de l’époque « Marche des Beurs ». Peu à peu, un mouvement antifasciste va se structurer.

Pour le reste, les luttes collectives refluent et, en conséquence, l’extrême gauche bat de l’aile. Certaines fractions révolutionnaires, comme Action directe, se lancent dans une fuite en avant dans la radicalité.

D’autres cherchent à rester en phase avec les gauches syndicales issues de Mai 68 – c’est le cas notamment de l’Union des travailleurs communistes libertaires. La trajectoire de ces gauches syndicales connaît une étape importante avec l’émergence des coordinations de grévistes, en 1986, puis avec la fondation, en 1989, de SUD-PTT. En 1989, la grève des usines Peugeot, à Sochaux, témoigne également d’un regain de colère dans l’industrie.

Au plan international, le pseudo-communisme du bloc de l’Est est ébranlé par l’irruption d’un syndicalisme libre en Pologne, avec Solidarność. Cependant, l’effondrement du mur de Berlin, en 1989, a une signification ambivalente, à la fois victoire du capitalisme et révolution populaire.

En 1991, en France, fondation d’Alternative libertaire.


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1995 : les grandes grèves.

Les années 1990

L’éclatement du bloc soviétique porte un coup dur à l’anticapitalisme en général, mais ouvre aussi la possibilité d’un renouveau des mouvements d’émancipation, débarrassés du boulet stalinien.

En janvier 1991, la guerre du Golfe inaugure le « nouvel ordre international » sous l’égide exclusive des États-Unis. Cependant, dès 1992, les émeutes de Los Angeles viennent ternir, en leur cœur même, le conte de fées du capitalisme triomphant après la chute de l’URSS.

En 1994, l’insurrection zapatiste, au Chiapas, rouvre une ère de contestation de la mondialisation néolibérale, qui connaîtra son apogée après la « bataille de Seattle », en 1999.

En France, ce sont les grandes grèves de novembre-décembre 1995 qui annoncent l’ouverture d’un nouveau cycle de luttes. C’est dans cette atmosphère qu’en 1997, une alliance PS-PCF-Verts revient au pouvoir sous le nom de « Gauche plurielle ». Comme attendu, elle gère le capitalisme et réprime les mouvements sociaux.

Son électorat est tellement dépité que le candidat du PS fait un score piteux à l’élection présidentielle de 2002, et n’atteint même pas le 2e tour, cédant la place au… candidat du FN. D’où un raz-de-marée antifasciste dans la rue.

La gauche étatiste européenne se cherche désespérément de nouveaux hérauts. Après avoir adulé le Brésilien Lula, elle jette son dévolu sur le Vénézuélien Chavez, qui conduit une politique nationaliste de gauche dans son pays.

 
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