histoire

L’anarchiste Jelezniakov disperse l’Assemblée constituante

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C’est un épisode historique relativement connu : la dispersion de l’Assemblée constituante russe, le 6 janvier 1918, s’est faite sous la contrainte du matelot de Cronstadt Anatoli Jelezniakov... avec évidemment l’aval du pouvoir bolchevik.

Dans la nuit du 5 au 6 janvier 1918, après seulement douze heures de session, le pouvoir bolchevik, approuvé par ses alliés anarchistes et SR de gauche, fait disperser l'Assemblée constituante. Celle-ci vient d'annuler plusieurs décisions du IIe congrès des soviets, tenu en octobre 1917.

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Assemblées concurrentes, la Constituante et le congrès des soviets sont élues sur des bases très différentes : la Constituante l'est au suffrage universel, dans toutes les classes sociales ; le congrès des soviets ne comporte que des députés élus dans les usines et les régiments.

Pour les anarchistes, la légitimité politique revient au congrès des soviets... même si, par la force des choses, il est dominé par le gouvernement bolchevik auquel ils sont hostiles.

Les Parti bolchevik, lui, avait tellement réclamé la convocation d'une Assemblée constituante entre février et octobre qu’une fois au pouvoir, il n'a pu faire autrement que d’en organiser l’élection. Le quotidien anarchiste de Petrograd, « Bourevestnik », avait alors condamné une décision « contradictoire, extrêmement nuisible et dangereuse ».

Sans surprise, le scrutin donne une large majorité de députés modérés, principalement SR et mencheviks.

La Constituante ne siégera cependant qu’une unique journée. Le 6 janvier, à 4h40 du matin, le commandant de la garde du palais de Tauride, l'anarchiste Anatoli Jelezniakov, avec l'aval du chef bolchevik Dybenko, vient donc taper sur l'épaule du président de l'Assemblée constituante, Viktor Tchernov, et lui intime l'ordre de lever la séance.

Le pays se montrant indifférent à ce coup de force, la Constituante ne sera plus autorisée à se réunir. Une semaine plus tard, le IIIe congrès des soviets approuvera ce coup de force, affirmant sa légitimité contre celle de la Constituante.

Dans la réalité, c'est surtout le gouvernement bolchevik qui a désormais les coudées franches.


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