Bulletin d’infos d’Alternative Libertaire Paris Nord-Est

L’austérité n’est pas une fatalité !

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Elle est belle la gueule du changement. Beaucoup s’en étonnent mais rien ne change. Après la joie viennent les larmes. Sarkozy ou Hollande c’est la même politique à peu de choses près. Les plans sociaux se succèdent pour les travailleurs et travailleuses, radiations pour les chômeurs et les chômeuses, chasse aux pauvres, aux précaires et aux sans papiers.

Qu’attendons-nous pour riposter ?

Une fois de plus, le capitalisme est en crise, crise profonde et durable, sans perspective de « sortie » comme ce fut le cas par le passé. La recherche frénétique du profit conduite par la cupidité et la contrainte de la concurrence s’effectue sans considération aucune pour l’humain, encore moins pour la planète. Elle se traduit conformément à la logique capitaliste par la casse d’activités jugées insuffisamment rentables, la délocalisation, le transfert de capitaux vers l’industrie financière (prêt, crédit, spéculation), ce dans l’espoir de gains futurs toujours plus irréalisables. Les conséquences : pauvreté croissante, exclusion, crise de la dette publique et privée, crise écologique, austérité pour tous imposé par le trio infernal (Banque mondiale, FMI, BCE) avec le soutien des Etats. Au programme : de nouveaux traité européens au nom barbare : TSGC, un mécanisme de stabilité (MES)... ça suffit !!!

L’exemple grec nous montre que le renflouement des banques et la politique de destruction sociale (diminution du salaire minimum, baisse des retraites, privatisation des services publics, appauvrissement généralisé) ne marche pas. La dette explose et le retour de la « croissance » n’arrivera jamais. En Grèce, les riches ne souffrent pas de l’austérité..

La dette est le fruit du capitalisme et non d’un quelconque choix démocratique : ni audit, ni moratoire. On ne paie pas !!

PSA : L’austérité à la française

En France, les plans sociaux se succèdent un peu partout. Pour PSA, l’équation est toujours la même : faire toujours plus d’argent. Au passage, sortons les mouchoirs et versons une larme : oui la famille Peugeot, actionnaire de référence, exilée fiscale en Suisse (que la montagne est belle !) doit se contenter de vivre avec une fortune estimée à plus de 1,2 milliards d’euros, terrible... Et les actionnaires, qui ont du se partager quelques 250 millions d’euros en 2011, il est sûr que les OS de PSA, avec leur 1500 euros brut par mois sont plein de compassion pour eux ! Mais la logique capitaliste n’a que faire de la compassion, de l’éthique ou de la morale. L’annonce de 8300 licenciements chez PSA dont 3300 à Aulnay (et près de 12000 si l’on prend en compte la sous-traitance) répond à une logique d’accumulation. Si les salarié-e-s et les organisations syndicales telles Solidaires ou la CGT tentent de « limiter la casse » en refusant les licenciements, en proposant des « alternatives » technologiques écologiques, le droit de veto sur les licenciements collectifs ou encore le contrôle des salariés sur ce qu’ils produisent, il est clair que ces pertes d’emplois annoncées sont des drames humains qui continueront à se multiplier tant que la logique capitaliste ne sera pas remise fondamentalement en cause.

Une seule réponse : la solidarité

Il ne faudra pas compter sur l’Etat ou les partis politiques. Lors de son allocution du 14 juillet, François Hollande annonçait « qu’il ne laisserait pas faire PSA » ; 3 mois plus tard sur TF1, il annonce que l’Etat « accompagnera le plan social ». Leurs intérêts sont finalement les mêmes que les actionnaires et les patrons. Nous sommes solidaires avec toutes les luttes engagées pour conserver l’emploi. Dans le cas de PSA, il ne s’agit pas d’un simple choix technologique pour la bagnole du futur puisque le capitalisme ne sera jamais ni « éco-compatible (vert) » ni « humano-compatible ». Il faut donc avoir le courage politique de ne pas opposer lutte sociale et écologie pour trouver une convergence, c’est-à-dire sortir de la logique capitaliste du profit pour questionner le but final de la production et donc la reconversion du site d’Aulnay. Plus généralement, c’est la voiture, mais aussi l’organisation de nos villes et de la production dans son ensemble qu’il faut revoir. Ainsi la question de l’utilité sociale pourra intégrer la dimension écologique. Sans cela nous devrons renoncer à toute capacité de transformation révolutionnaire de la société.

Organisons nous pour une autre société

Il n’y a pas de solutions « clés en main » mais des pistes à explorer pour changer la société à partir d’en bas. Nous n’avons pas la prétention de détenir la vérité mais force est de constater qu’à ce jour les tentatives de sortie du capitalisme par des voies « communistes » autoritaires où réformistes ont toutes échouées. C’est à nous de nous mobiliser pour construire une alternative à cette société. Nous ne voulons plus laisser nos représentants choisir à notre place, entre action consciente ou laisser faire, avons-nous le choix ? Il s’agit de rompre avec le fatalisme ambiant pour créer des brèches. Rappelons qu’en 2010, plusieurs millions de personne ont pris la rue pendant le conflit des retraites. Malgré la défaite, le ras-le-bol de ce système est plus fort chaque jour. Lutter concrètement contre cette austérité pour une autre société. Une « bonne vie » pour tous c’est possible, à condition de vouloir sortir de la société marchande.

Rendez vous donc :
- le Samedi 29 Septembre à 14h30, Place Jupiter à Aulnay pour un meeting unitaire pour la défense de l’emploi en Seine St-Denis
- le Dimanche 30 Septembre à 13h30, Place de la Nation à Paris pour dire non à l’austérité

De nouveaux traités Européens pour plus d’austérité

La zone euro n’est plus aujourd’hui qu’un vaste marché ou les États sont priés de se conformer aux reformes structurelles imposées par la commission européenne et les institutions financières chargées de prêter l’argent (BCE, FMI, Banque mondiale). Le Mécanisme européen de stabilisation (MES) a été voté en février 2012. Cette organisme financier sera charger de repartir les fonds cotisés pour éponger les dettes des Etats membres en contrepartie de l’application des reformes structurelles (ou d’austérité). Une des conditions d’accès à l’assistance du MES sera d’avoir au préalable ratifié le TSCG et d’avoir créé un mécanisme de correction budgétaire (la « règle d’or », limite du déficit fixé à 0,5 %). Le TSCG voté dans la foulée sera appliquée au plus tard au 1er janvier 2013. Des mots pompeux pour fixer la discipline budgétaire des États Européens dans le marbre.

 
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