Plan « Réussir en Licence » : Pécresse dégraisse

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Le plan « Réussir en licence », présenté par Valérie Pécresse le 13 décembre aurait pour effet de vider les filières générales de leur contenu pour décourager les étudiantes et les étudiants, et les inciter à rejoindre les filières courtes.

Pour « répondre aux inquiétudes » des étudiantes et des étudiants mobilisés contre la LRU, la ministre Valérie Pécresse a lancé en grande pompe le 13 décembre un plan « Réussir en Licence », dont la logique libérale n’a rien à envier à la LRU. Le rôle même de l’Université est une nouvelle fois mis en cause.

– « Professionnaliser » est un mot que l’on commence à entendre un peu trop souvent. Les salarié-e-s auront bientôt 41 annuités pour « connaître » le monde de l’entreprise, alors qu’on les laisse au moins étudier en paix !

– « Diviser par deux le taux d’échecs en Licence », c’est le leitmotiv de la ministre. Aujourd’hui plus des trois quarts des étudiantes et des étudiants sont salariés pendant l’été et/ou pendant l’année selon l’Observatoire de la vie étudiante. Donc pour réussir en Licence, il faudrait commencer par abolir le salariat étudiant, et permettre enfin aux jeunes d’étudier dans des conditions décentes sans avoir à se soucier de ses revenus. Ce ne peut être possible qu’avec la mise en place d’un salaire social pour la jeunesse, c’est-à-dire un revenu de substitution, financé par la cotisation sociale et dévolu aux jeunes travailleurs en formation sur le modèle de l’assurance-vieillesse, de l’assurance-maladie ou de l’assurance-chômage.

spécialisation tardive

– Avec la mise en place d’une Licence générale, la première année ne serait pas très différente d’une terminale au lycée et l’étudiante ou l’étudiant ne se spécialiserait qu’à partir de la troisième année. Les gens sont-ils si bêtes qu’ils ne sauraient qu’au bout de trois ans quelles matières les intéressent le plus ?

Cette réforme ne cherche en réalité pas à améliorer le quotidien dans les filières générales, mais à les vider de leur contenu, pour encourager le développement des filières courtes (BTS et IUT) qui sont directement des antichambres des entreprises.

Alors qu’un mouvement des personnels universitaires contre la LRU commence à se dessiner, ce plan ne prévoit toujours pas de création de postes statutaires. Là encore, comment améliorer la réussite en Licence sans octroyer les moyens nécessaires à l’Enseignement supérieur ? Pécresse et le gouvernement montrent une nouvelle fois par ce joli pied de nez que la seule chose qui les intéresse, c’est la libéralisation de l’université et sa subordination aux intérêts privés. Prenons le contre-pied : l’abrogation de la LRU et de ce plan « Réussir en Licence », la lutte pour une université autogérée, populaire et ouverte à toutes et à tous.

Guillermo (AL Angers)

 
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